Lettre à M. de Tonnancour, 17 juillet 1774. p
citoyens de la ville trouvaient leur nouveau curé, M. Maillou, trop jeune :
" Eh bien, lui écrit-il, qu'ils se cotisent pour faire vivre décemment un curé, et je leur en donnerai un plus âgé, ou bien qu'ils se contentent d'un Récollet, ou bien passez-vous de prêtres : plusieurs, imbus de l'esprit de Voltaire, n'en teraient mine. . . On aime fort dans ce pays-ci à être bien desservi, sans qu'il en coûte. Les Anglais le voient et le disent : " Nous ne sommes pas, nous autres protestants, " comme vos peuples ; nous payons bien nos ministres 12. . . "
Le Prélat était bien sûr que son ami Tonnancour ne prendrait pas ces réflexions pour lui-même : il appartenait à une excellente famille ; son père avait été syndic des Récollets 13 ; il était lui-même un citoyen intègre, très bien disposé à l'égard du clergé. Cependant il eut occasion, un jour, de se plaindre à l'Evêqtie qu'on n'avait pas voulu l'entendre en confession :
" Croyez votre vieil ami, lui répond Msr Briand, oublions les sottises, méprisons l'orgueil, ayons pitié des sots et des superbes. Laissons-les exulter, et faisons tout pour Dieu. Je sais qu'on vous a refusé l'audition de vos misères. J'espère qu'on sera plus complaisant une autre fois. Ne manquez pas la Portioncule. Cette indulgence ne sera point superflue à un Normand 14. "