Mand. des Ev. de Q., t. II, p
Mgr Briand venait donc de parcourir pour la deuxième fois tout son diocèse; et repassant dans son esprit tout ce qu'il avait vu et entendu, mettant dans un des plateaux de la balance les misères qu'il avait à déplorer çà et là, et dans l'autre le bien qui faisait sa consolation, voici ce que ce Prélat si consciencieux écrivait en 1774 à son grand vicaire à Paris, l'abbé de File-Dieu :
" Tout est bien ici, excepté que j'ai perdu sept prêtres plus que je n'en ai fait. "
C'était bien conforme à ce qu'il venait d'écrire à M. Marchand :
" Depuis mon retour de Londres, j'ai fait vingt-cinq prêtres. Il en est mort trente-deux; et deux qui ne servent plus, Chaumont et Frichet 3. "
Continuant sa lettre à l'abbé de l'Ile-Dieu:
" Mes prêtres, disait-il, me donnent tous beaucoup de satisfaction. La religion fleurit. Il y a des désordres, sans doute, mais beaucoup moins qu'il n'y en avait autrefois. . .
" Quoiqu'il se soit formé près de vingt-cinq paroisses depuis la Conquête, et que je n'aie qu'à peu près autant de prêtres de ma création, ils sont si fervents que mon diocèse ne souffre point encore. Les jeunes ont donné l'exemple aux anciens, et tous, ou presque tous, sont laborieux, zélés, actifs, et instruisent avec beaucoup d'assiduité 4. . . "
Les jeunes ont donné l'exemple aux anciens. . . Ah, que cette parole caractérise bien Mgr Briand ! Au Séminaire, iî était l'homme à encourager les jeunes gens, non pas à mépriser les anciens, mais à rivaliser avec eux de zèle, de travail et de piété.