De la famille Braschi, pape de 1775 à
30 i/ÉGLISE DU CANADA
quents s'établirent entre la couronne d'Angleterre et la Papauté.
" La gracieuse hospitalité que la Grande-Bretagne offrit aux émigrés et au clergé français, les souscriptions publiques qui vinrent en aide à leur indigence, les crédits que le Parlement vota en faveur des nombreux évêques et prêtres exilés, furent habilement donnés en exemple par Pie VI aux évêques allemands, quand, par son bref du 21 novembre 1792, il les invita à bien accueillir les victimes de la persécution française.
" Sensible aux éloges et aux mercis du Pape, George III promit alors à Pie VI de lui venir en aide pour la défense de ses Etats, que menaçait la révolution. . .
" Quand Pie VI mourut, de solennelles funérailles lui furent faites dans l'église Saint-Patrice, à Londres : c'était la première fois qu'une pareille cérémonie s'accomplissait en Angleterre depuis la Réforme 24. . . "
Les incidents racontés ici par notre chroniqueur sont postérieurs à l'époque qui nous a occupés dans ce chapitre. Mais ne jettent-ils pas, tout de même, une lumière toute nouvelle sur la personne et le caractère de George III? Tout protestant qu'il était, tout intransigeant même, si l'on veut, qu'il se montrait dans le Royaume par rapport à son serment, était-il si antipathique au catholicisme qu'on s'est plu à le représenter? Nous ne le croyons pas; et M. Briand, plein de confiance en la Providence, avait raison de dire aux Canadiens :
" Soyez loyaux et fidèles, et vous trouverez en lui un Roi débonnaire, bienfaisant, appliqué à vous rendre heureux, et favorable à votre religion. "
24. La Nouvelle-France (No. de Janvier 191 5, t. XIV, p. 45), revuepubliée à Québec sous la direction de M. le chanoine Lindsay.