lettre du 1er déc
que j'aime les pouvoirs que je ne lui ai ôtés qu'à regret et par obligation de conscience 25. . . "
Quelquefois, quand il s'agissait de choses très graves, M. Briand mandait les coupables à l' Hôpital-Général, où il demeurait, afin de leur adresser de vive voix les reproches qu'il avait à leur faire : et, dans sa grande bonté, tout pauvre qu'il était, il leur remboursait leurs frais de voyage. Eh bien, le croirait-on? on ne l'écoutait pas toujours du premier coup. Il écrit un jour à l'un d'eux :
" Ne pensez-vous pas que je doive être surpris qu'un curé qui vient à la ville presque toutes les semaines, qui m'a autrefois paru attaché, et auquel j'ai donné moi-même bien des marques d'amitié et d'estime, ne soit pas encore venu me voir depuis près de deux ans que je suis chargé de cette partie du diocèse ? Vous l'avez pu au moins depuis la reddition entière du Canada aux Anglais. Quelle raison donc vous arrête ? Pourquoi ce changement ? C'est que vous violez les Canons de l'Eglise les plus sages et les plus nécessaires pour l'honneur du clergé, les ordonnances du diocèse, et les recommandations du dernier Evêque, en gardant chez vous une jeune veuve, préférablement à vos sœurs, contre le gré de vos parents, les sages et prudents conseils de vos amis, et contre l'obligation du bon exemple que vous devez à votre peuple.
" Il m'en coûte de faire à un prêtre que j'honorais et que j'aimais une telle leçon. Il me semble que ce que je vous avais dit, quoique dans la rue, eût dû vous suffire pour vous engager à prendre un parti auquel vous obligent une multitude de motifs très forts. Vous ne l'avez pas fait; vous continuez : je ne puis plus dissimuler, je me rendrais coupable . Aussitôt la présente reçue, transportez-vous à l'Hôpital-Général pour m'y répondre sur cet article. Vous me