Lettre du 15 nov
l80 i/ÉGUSE DU CANADA
*' Je ne m'étonne pas de toutes les tracasseries, écrivait-il un jour à M. Marchand. Je me regarde comme dans le temps de l'enfantement : il faut en souffrir les douleurs. Dieu y fera succéder, je l'espère et je l'en prie, la paix et la tranquillité. Jusqu'à ce que notre Eglise ait pris sa forme, je ne dois pas m'attendre à autre chose. Les curés pensent à la fixation, les séminaires sont inquiets, le curé de Québec craint les chanoines, et veut être à son aise. . . Il en coûte de se mettre dans la dépendance, quand on n'y a jamais été. Je vois tout, et je ne dis rien. Je ne suis pas porté à dominer, et j'aime à conserver les droits d'un chacun; mais ma conscience ne me permet pas d'abandonner les droits de ma place, qui y sont attachés de droit divin 5. . .
" Que m'importe à moi ce qui arrivera, ajoutait-il deux jours plus tard? Quand on ne désire rien, qu'on est heureux, content et tranquille ! C'est au Seigneur qui m'a placé, quoique indigne, à tout arranger. Je ne veux que ce qu'il veut, et j'espère qu'il arrangera tout. On me souffle, on me pousse, mais je n'agirai qu'à mesure que les circonstances favorables me seront présentées par la Providence 6. . . "
Sur les entrefaites, le curé de Québec meurt, après une assez courte maladie :
" La mort de M Récher, écrit Mgr Briand, m'a beaucoup affligé. Malgré les tracasseries qu'il m'a suscitées, je l'aimais et je l'estimais : c'était un digne ouvrier.
" J'ai suivi votre avis, ajoutait Mgr Briand, le Séminaire a fait sa démission de la cure, en règle. Le seul M. Gravé a fait acte d'opposition, je ne sais par quel esprit, parce que les motifs qu'il en donne ne me paraissent pas certains, contre ceux du sentiment contraire 7. . . "