Lettre à M. Marchand, 22 avril
APRÈS LA CONQUÊTE l8l
Il était donc écrit que le pieux évêque n'aurait jamais de tranquillité. Après M. Récher, voici un autre de ses commensaux, M. Gravé, qui vient se mettre en travers de ses plans de gouvernement. Puis, tout-à-coup, il apprend qu'un autre prêtre du Séminaire, M. Jacrau, son confesseur depuis dix-huit ans — " mon confesseur, dit-il, peut-être à son malheur " — s'est fait l'avocat et le conseiller des marguilliers de Québec, dans l'opposition qu'ils lui font pour " la cathédrale " : c'est lui qui les souffle et qui les instruit :
" Je n'ai pas eu de peine à le croire, écrit-il à M. Marchand, parce qu'en 1 766 il me dit : " Les paroissiens de " Québec sont des sots s'ils cèdent leur église. "
Avec de pareils conseillers, il n'est pas étonnant que les marguilliers de Québec s'obstinassent dans leur résolution de ne rebâtir leur église que comme " église paroissiale servant de cathédrale ", repoussant absolument la proposition de M61" Briand, que ce devait être " une église qui lui appartiendrait à lui et à son Chapitre 8 ". Us ne voulaient point entendre parler qu'elle appartînt au Chapitre. Pour sauvegarder leurs droits, ils refusèrent même la somme que le Prélat leur offrit pour aider à sa reconstruction; et cette somme, il l'employa à la réparation de son évêché, réparation qu'il entreprit, avec un désintéressement parfait, non pas pour lui — il avait accepté l'hospitalité du Séminaire — , mais, comme il dit, " pour ses successeurs 9 ". L'édifice fut loué pour les bureaux du gouvernement ; et la chapelle de M51" de Saint- Vallier servit plus tard aux délibérations de la Chambre d'assemblée.
De leur côté, les marguilliers et les paroissiens de Québec avaient déjà reconstruit l'église de la Basse-Ville et loué
8. Archiv. paroissiales de N.-D. de Québec, assemblée de fabrique du 25 oct. 1767.