Lettre du 27 avril
194 i/ÉGLISE DU CANADA
L'affaire de la coadjutorerie traîna en longueur, peut-être à cause de ces malheureuses indiscrétions.
Enfin, le gouverneur passant en Europe dans l'été de 1770, il se décida à en finir. Il voulait un natif du Canada 5. Son choix, qui fut aussi celui de l'Evêque, tomba sur un homme qui avait, entre autres mérites, celui de ne porter ombrage à personne. Louis-Philippe Mariauchau Desglis, curé de Saint- Pierre, Ile d'Orléans, était d'ailleurs un excellent prêtre, tout dévoué à sa paroisse. Pour augmenter un peu son revenu, l'Evêque lui assura une pension annuelle sur la cure de Varennes, " une des plus considérables du diocèse pour le revenu ", et cela, disait-il, " conformément à la pratique généralement observée dans toute l'Eglise ". Cette pension consistait en " trois cents minots de bled froment ", qui devaient être " chargés dans un bâtiment pour Québec tous les printemps par les soins du curé desservant ". Il y avait aussi cinquante minots qui devaient être envoyés en même temps " en faveur de M. Chaumont, un curé infirme, cidevant missionnaire de la Baie Saint-Paul, à qui les missions qu'il a desservies pendant qu'il l'a pu, ne pouvaient donner une subsistance honnête. " Le port du blé, de Varennes à Québec, devait être " payé par le Coadjuteur et par M. Chaumont 6 ".
Msr Briand ayant choisi M. Desglis pour coadjuteur, avec l'agrément du gouverneur du Canada, s'empressa d'en informer à Paris M. de LaCorne, et lui demanda de faire toutes les démarches nécessaires auprès du Nonce de Paris pour obtenir les Bulles de Rome. Il le priait, lui et M de Villars, d'être tous deux les témoins requis pour rendre témoignage sur la vie, les mœurs et la catholicité de M. Desglis, qu'ils