Lettre du 27 juillet
I96 i/ÉGUSE DU CANADA
sidéré du clergé, et est en estime auprès des Anglais, à cause de sa modération, de sa sainteté et de sa franchise.
" J'ai chargé, suivant l'instruction à nous adressée par Son Eminence le cardinal Castelli du 16 mars 1768, MM. de LaCorne, abbé de l'Etoile, et de Villars, supérieur du séminaire des Missions-Etrangères de Paris, qui connaissent parfaitement le dit sieur Desglis, de donner à Votre Excellence les témoignages et les assurances qu'Elle exigera. Je les ai également priés de faire toutes les poursuites nécessaires pour obtenir du Saint-Siège la confirmation et les Bulles. "
Mgr Briand ajoutait ensuite au Nonce de Paris un détail assez extraordinaire à propos de ces Bulles :
" J'avais demandé, disait-il, qu'en cas de maladie je pusse consacrer avant de recevoir les Bulles : c'était la seule raison que je donnais alors. Notre gouverneur prétendait que je pouvais consacrer aussitôt qu'il a eu donné son consentement ; presque tous les catholiques le pensaient. J'ai eu une petite tempête à essuyer; mais j'ai tenu ferme, et donné des preuves si évidentes de la justice de mon refus, que tout est calme à présent. Je suis sûr, au moins, d'avoir persuadé le gouverneur, qui ne me pressait d'ailleurs de consacrer, que par la crainte qu'un autre gouverneur n'ait la même bonté pour nous.
" Si j'osais, je prierais Son Excellence de me répondre sur cet article, car le Saint-Siège ne m'a fait aucune réponse."
Ecrivant le lendemain à M. de Villars, Mgr Briand ajoutait encore sur ce sujet un petit détail :
" M. Carleton, à son départ pour Londres, a consenti à ce que je prisse M. Desglis pour coadjuteur. Il croyait que je pouvais consacrer sans bulles. Les parents de Desglis ont fait grand bruit ; je les ai laissé dire. A présent, ils ont honte, je crois, car tous sont revenus de leur erreur 8. "