‹ L'eglise du CanadaChapitre 102 sur 197 · Rég. III des lettres, p. 535, lettre de · texte numérisé non relu

Rég. III des lettres, p. 535, lettre de

tique anglaise, qui ne peut rien souffrir de ce qui vient de France.

Cependant M. de Villars, sachant par M# Briand le grand besoin qu’il y a de prêtres au Séminaire de Québec, se décide un jour À les envoyer en Angleterre. De Londres, ils tâcheront de se rendre au Canada. Ils sont trois: MM. Aubert et Gambieu, l’un tonsuré, l’autre encore laïque, tous deux dans leur dernière année de philosophie ; puis le jeune Duchène, neveu de M£ Briand, minoré, et dans sa deuxième année de théologie: celui-ci écrit de Londres À son oncle :

« Nous avons été adoptés par M. de Villars, très digne et très respectable grand vicaire de Québec, pour travailler suivant notre capacité et la volonté de nos supérieurs, dans le Séminaire de Québec... Puissions-nous être déjà à même de profiter de vos leçons et des leurs! Nous ne serions plus dans l'attente et la détention, au milieu d’un peuple qui nous est étranger par son langage, que nous tâchons cependant de nous approprier…

« Sortis de Paris le 3 mars, nous sommes à Londres depuis le 8 du même mois. Le changement survenu dans le ministère anglais a différé jusqu'ici notre départ, et nous ne savons jusqu'à quand il le sera encore, si pis n'arrive qu’il soit totalement empêché...»

M. de Villars leur avait donné une lettre de recomma:dation pour M. Gabriel Clermont, riche négociant à Londres :

« Il s'occupe, écrit le jeune Duchène, de nous obtenir notre passeport, dans la vue de rendre service au Séminaire de Québec... Si nous arrivions enfin à Québec, nous avons une lettre d'adresse de M. de Villars à M. Dufau, négociant, pour descendre et demeurer chez lui, jusqu’à ce que vous, monseigneur et très cher oncle, ou le Séminaire, veuillez nous réclamer. Un ballot de livres, ajoute le jeune homme,

arrivera sans doute à Québec avant nous. Tous les livres ne sont pas neufs, mais tous sont d’assez bons choix...»

Hélas! nos trois jeunes gens ne purent obtenir leur passeport pour le Canada. Ils durent retourner en France, où le jeune Duchène reçut la réponse de son oncle :

«Je suis fâché, mon cher neveu, que vous ayez fait une tentative inutile pour venir en Canada cette année. Vous vous seriez épargné la peine que vous en avez ressentie, si, selon mon projet, vous eussiez attendu mes ordres au bout de deux ans et demi ou de trois ans de théologie. Je loue pourtant votre attachement pour moi et l’empressement que vous avez de venir à Québec. Il pourra y avoir lieu de reprise dans des circonstances plus favorables °...»

Ces circonstances ne se présentèrent jamais, il n’y eut jamais lieu dese reprendre; ni pour le jeune Duchène, ni pour ses deux compagnons acadiens, ni pour l’autre neveu de ME Briand, Jean-Olivier Duchène, son filleul, qui étudiait, lui aussi, au Séminaire du Saint-Esprit, en vue de venir à Québec :

«Doué d'un bon jugement, écrivait son frère aîné, et d'une très heureuse mémoire pour reprendre ce qu’il était en danger de perdre à cause de l’âge assez avancé où il a commencé d'apprendre le latin, il ne lui manque que la conduite et l'étude, dont ma très chère tante !! me rend bon témoignage toutes les fois qu’elle me fait l’houneur de m'écrire. J’oubliais de faire remarquer qu’à seize ou dixsept ans il est en cinquième...»

Six ans plus tard, on retrouve les deux Duchène dans la correspondance de leur oncle M® Briand: l'aîné est

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