Ibid. lettre du 8 août
30. Ibid., lettre de Carleton à Haldimand, New York, 26 oct. 1782.
Haldimand dut se résigner à rester à Québec. Il avait encore deux hivers à y passer. Il en profita, comme il nous l’apprend lui-même, pour mettre en ordre ses papiers:
«Je suis enterré, écrit-il à son ami Riedesel, dans une
masse de papiers, que j'ai résolu de mettre en ordre avant le printemps fl».
Voilà sans doute l’origine de cette admirable collection de documents qui porte son nom: source inappréciable de renseignements pour notre histoire religieuse, civile et militaire. Ces documents, copiés à Londres, forment près de deux cent cinquante énormes volumes in-folio: trésor incomparable, déposé dans nos archives: monument impérissable —espérons-le, du moins—élevé à la mémoire de celui dont il consacre le nom et rappelle les services.
N'’allons pas croire, en effet, que si ce gouverneur se montra, en général, peu sympathique et peu juste à l'égard de notre Eglise, son administration fut sans résultat pour le bien de notre pays. Lui et Carleton se trouvèrent ici dans une des périodes les plus critiques de notre histoire, et remplirent, chacun à sa manière, leur devoir envers la Couronne. Pour ne parler ici que d'Haldimand, par son énergie, par son travail et sa vigilance, par son activité inlassable, il sut maintenir l’ordre dans nos campages, prévenir et empêcher toute nouvelle invasion américaine, conserver le pays à l'Angleterre. Il mit sans doute dans tous ses procédés les défauts de son caractère soupçonneux, autoritaire, despotique; mais il fit preuve, aussi, de grandes qualités d'ordre, de fermeté et de prévoyance. Qualités d'ordre: c’est lui qui fit revivre la loi française obligeant les curés de paroisses à envoyer au Secrétariat de la Province un double de leurs Registres de Baptêmes, Mariages et Sépultures. M# Briand, de grand