Mand. des Eu. de O., t. II, p
une des choses qui l’affligeaient le plus. Maïs de ce qu’il ne pouvait faire la visite pastorale de son diocèse, cela ne veut pas dire qu’il ne le connaissait pas. Nul n'était plus au fait que lui de tout ce qui s’y passait, et jamais évêque ne put répéter avec plus de vérité que lui la parole du Sauveur: «Je connais mes brebis, et elles me connaissent ‘,» Non seulement il connaissait parfaitement ses curés, leur valeur à chacun, leurs qualités, leurs vertus, leurs défauts, mais il connaissait aussi parfaitement ses paroisses, le caractère distinctif de chacune d’elles : il est remarquable, en effet, que toutes, même les plus rapprochées, ne se ressemblent pas toujours: le caractère, les mœurs, les habitudes de nos habitants varient souvent d’une paroisse à l'autre: telle paroisse, par exemple, sera plus généreuse, plus docile, plus civilisée même que sa voisine; et cela peut venir de bien des causes, mais la plupart du temps de ceux qui en furent les pionniers ou les fondateurs, ou bien de leurs premiers missionnaires, qui les formèrent naturellement selon leurs aptitudes, et leur imprimèrent une excellente ou moins bonne direction. En général, M£ Briand était content de son diocèse, de ses Canadiens. Ecrivant us jour à M. de Villars, à Paris: «Rendez visite, lui disaitil, à M# le Nonce, et assurez-le que tout ici est à l'ordinaire, assez bien 5.»
Non seulement il connaissait bien toutes ses paroisses, le bon et le mauvais côté de chacune, mais nous voyons par sa correspondance qu’il connaissait personnellement un bon nombre de citoyens, dans chaque localité, les principaux, les seigneurs, les bienfaiteurs des églises, comme aussi les scandaleux : souvent il les nomme par leurs noms, soit pour les louanger, s’ils le méritent, soit au contraire pour