Rapport sur les Archives canadiennes pour 1889, p
13. Le Recensement de 1700 porta la population à 161, 311, dont 14,000 pour la ville de Québec et 18,000 pour Montréal.
de Québec » est datée du mois de juin 1784, et signée de son nom. Elle renferme non seulement les noms de toutes les paroisses ou missions existant alors, et les noms des curés qui les desservaient, mais aussi le nombre de communiants dans chaque paroisse, et la quantité de minots de dîme de blé, d'avoine et de pois, reçus chaque année, en moyenne, par les différents curés. La dîme la plus considérable dans tout le diocèse était celle de blé; celle de pois l'était aussi dans certaines paroisses, comme par exemple Saint-Roch des Aulnaies, Saint-Charles, Saint-François du Lac, Pointe- Claire, Sainte-Geneviève, Saint-Laurent, Saint-Vincent de Paul, l’Assomption. On payait aussi la dîme d’orge et de blé d'inde, mais c'était peu de chose. Détail intéressant: le curé de Montréal, M. Montgolfer, recevait annuellement quatre à cinq cents minots de dîme, une partie de la future métropole, évidemment, étant encore en culture; le curé des Trois-Rivières, M. Maïilloux, en avait environ cent quarante minots, et le curé de Québec, M. Hubert, quatrevingt.
Il va sans dire que les revenus d’alors, comme ceux d'aujourd'hui, étaient inégaux : les uns avaient plus, les autres moins; mais le pieux Prélat semblait heureux que tous eussent de quoi vivre honorablement. Il savait d’ailleurs que ceux de ses curés qui avaient surabondance de revenu l’employaient généralement pour faire le bien. Il donne lui-même l’exemple d'un désintéressement incomparable; il n’a rien à lui, il donne tout ce qu’il a, tout ce qui lui vient du gouvernement, du Clergé de France, des componendes. Le clergé imite sa générosité: il y a au Séminaire tant de pauvres écoliers qui font leurs études, et qui serviront plus tard l’Eglise, dans le sacerdoce, ou l'Etat, dans les professions libérales #: qui paie pour eux et qui
14. Voir à ce sujet le chapitre V, Le Séminaire de Québec, dans le Docteur Labrie, p. 60.
les entretient? sinon, généralement, les curés de leurs paroisses. Il y a encore peu d'écoles régulièrement organisées dans nos campagnes; et cependant il y a partout des mères de familles qui savent parfaitement lire, qui, outre une excellente éducation, ont même une certaine instructiou, qu’elles ont puisée aux Ursulines de Québec ou des Trois-Rivières, ou dans quelque couvent de la Congrégation : qui les a envoyées et entretenues lA, sinon, la plupart du temps, leurs curés? «Il n’y a pas à douter, écrit quelque part l’annaliste des Ursulines, du zèle constant de la population canadienne pour l'éducation des enfants!» Dans presque toutes les paroisses, il y a un certain nombre d'habitants qui savent lire et écrire : dans presque toutes les maisons, il y a quelques bons livres: encore aujourd’hui on y trouve quelquefois de très vieilles éditions des Cantiques de Marseille, de l'excellent livre L'Znstruction de la Jeunesse 1, du Psautier de David, Au Catéchisme de Bossuei, de 2 Ofice divin, des Heures Royales: nous en avons vu nous-même. Mais ces livres supposaient des lecteurs; et ces lecteurs supposaient des éducateurs. Il y avait, à défaut d'écoles régulièrement organisées, des professeurs ambulants que les curés encourageaient, qu’ils payaient au besoin. Ah, que de bonnes œuvres de toutes sortes auxquelles nos anciens missionnaires employaient le surplus de leur revenu! Que de travaux de colonisation, de défrichements, d’ouverture de chemins auxquels ils ont dû concourir pour encourager leurs paroissiens! Nous nous souvenons nous-même d’en avoir vu à l’œuvre, dans notre jeune âge. Oui, ils ont bien mérité de l'Eglise et de la Patrie, la plupart de ces