‹ L'eglise du CanadaChapitre 137 sur 197 · Le Docteur Labrie, p · texte numérisé non relu

Le Docteur Labrie, p

17. Les Ursulines seules en faisaient venir huit douzaines en 1777 (Les Ursulines de Q., t. IT, p. 220).

curés dont on lit les noms sur la liste de ME Briand en

Et puis, la plupart ont deux, trois, et jusqu’à quatre paroisses ou missions à desservir. M. Compain en a trois: l'Ile-aux-Coudres, les Eboulements et la Malbaie; M. Gagnon dessert à la fois la Baie Saint-Paul et la Petite-Rivière; M. Derome, Sainte-Anne de Beaupré et Saint-Féréol; M. Hubert, l’Ange-Gardien et le Château-Richer; M. Bailly, les Ecureuils et la Pointe-aux-Trembles ; M. Huot, Champlain, Batiscan et Sainte-Geneviève; M. de Saint-Germain, Repentigny et Saint-Sulpice; M. Lemaire, Saint-Martin et Sainte-Rose; M. Racine, la Pointe-aux-Trembles et la Longue-Pointe ; M. Fortin, le Saut-au-Récollet et la Rivière-des-Prairies; M. Denaut, futur évêque de Québec, ‘Soulanges, l’Ile Perrot et la mission de Saint-Régis; M. Conefroy, de la Pointe-Claire, et M. Besson, de Sainte. Geneviève, sont aussi chargés de la paroisse Sainte-Anne ; M. Brassard dessert Nicolet et la Baie-du-Febvre; le Père Louis Demers, Saint-Jean des Chaïllons et Saint-Pierre les Becquets ; M. Gatien, Sainte-Croix et Lotbinière; M. Verreau, qui avait à desservir les trois paroisses de la Beauce, Sainte-Marie, Saint-Joseph et Saint-François, a maintenant un aide pour Sainte-Marie, M. Jean; M. Berthiaume dessert à la fois la Pointe-de-Lévi et Beaumont; M. Garault, Saint- Vallier et Berthier; M. Bedard, Saint-Pierre et Saint- François.

Des inconvénients, il y en avait, certes, à surcharger ainsi certains curés, et pour les paroisses, et pour les curés eux-mêmes. M£# Briand aimait mieux, cependant, subir ces inconvénients, que de confier les cures à ces prêtres

18. Il était fils d’un médecin de Montréal, et un peu médecin luimême. C'est lui que le curé Jolivet aurait voulu avoir pour desservir Bonsecours, et que Mer Briand, à son grand regret, ne put lui donner. (Voir mon vol. précédent, p. 380).

Savoyards que voulait lui imposer Haldimand: « Ce ne seront jamais que des mercenaires, disait-il, qui ne viendront ici que pour faire fortune, qui ne s’attacheront jamais à nos habitants, dont ils n’ont ni l'esprit, ni les habitudes, ni-les mœurs, et qui s’en iront le plus tôt qu'ils pourront. Laissons nos paroisses À nos bons prêtres Canadiens, qui y dépenseront en bonnes œuvres le surplus de ce qu’on leur donnera pour vivre.» Et en effet combien de nos anciens curés vivent encore, pour ainsi dire, et vivront encore longtemps dans la mémoire des peuples par les œuvres admirables qu’ils ont fondées !

La liste des paroisses dressée par M£' Briand en 1784 commençait par Kamouraska, immense paroisse que desservait encore M. Trutaut, et qui allait jusqu’à la Rivière-du- Loup inclusivement. M. Trutaut avait même desservi longtemps les colons jusqu’à Rimouski. Le Père La Brosse l’avait remplacé; il desservait Rimouski, les Trois-Pistoles, l’Ile-Verte et Cacouna. Il mourut en 1782, et de 1782 à 1783 ces endroits furent desservis «sous forme de mission par le prêtre résidant à Tadoussac, » M. Parent. En 1783, Adrien Leclerc fut nommé missionnaire résident à l’Jle- Verte, mais avec charge de desservir Rimouski, Trois- Pistoles et Cacouna. Il y eut certaines difficultés de la part des Trois-Pistoles, et M. Gravé les régla par un mandement : TN

« Les habitants des Trois-Pistoles, dit-il, veulent introduire de nouvelles coutumes qui ne sont en usage nulle part : ils consentent à venir à l’Ile-Verte chercher le curé, pour leur dire la messe, mais ils ne veulent pas le ramener ensuite, et exigent que les habitants de l’Ile-Verte retournent le chercher. Ils ne daignent pas assister aux offices

19. Archiv. de l'Ev. de Q., Rég. D. E., mand. de M. Gravé, 1er août

À lIle-Verte, Ceux de Cacouna, au contraire, viennent régulièrement à la messe à l’Ile-Verte. Ils vont même aux Trois-Pistoles quand les chemins sont praticables. »

M. Gravé règle alors que le service divin « pour les trois cantons » se fera ordinairement à l’Ile-Verte; que M. Leclerc pourra cependant annoncer de temps en temps qu'il se fera aux Trois-Pistoles, mais que toujours les cantons qui viendront chercher le curé seront obligés de le ramener chez lui.

M. Leclerc allait aussi de temps en temps à Rimouski; et les habitants de l'endroit s'occupaient d’y bâtir une église pour remplacer une vieille chapelle qui ne pouvait plus décemment servir au culte. Ils en avaient même fait approuver un plan par ME Briand; mais les moyens étaient bien précaires :

« Faites ce que vous jugerez à propos, écrit le bon Prélat à M. Leclerc, et soyez persuadé que je ne désire rien tant que d’épargner l'argent et les travaux de ces chers enfants 2, »

Hélas! pour plusieurs, il n’y avait pas seulement défaut d'argent, il y avait aussi manque de bonne volonté; il y avait même quelque chose de pire. Figurons-nous ce que peut produire l’ennemi du genre humain dans des cantons éloignés, isolés, privés de la surveillance continuelle du prêtre. Indigné de la conduite d’un certain nombre, M. Leclerc se vit obligé d’en avertir l’Evêque, qui adressa «aux habitants de Rimouski » une de ses dernières lettres pastorales avant sa démission. Citons-en quelques passages :

« Lorsqu’en 1741, dit-il, je suis arrivé au Canada, on ne parlait que de la piété et de la religion des seigneurs et des habitants de Rimouski. En effet, il en est sorti un prêtre

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