Ibid., lettre du 23 fév
que pour les habitants aisés; et si quelques-uns méritent la préférence, ce sont les premiers, qui peuvent moins se procurer des moyens de se transporter à une église éloignée. « Maïs, dira-t-on, les pauvres ne pourront bâtir...» C’est ici que la charité chrétienne doit se faire connaître. Ce sont les vues et les motifs qui m'ont dirigé, et non de favoriser le moulin de M. de Saint-Ours7...»
Les affaires de construction d’églises, la décision qu’il fallait prendre pour en marquer la place lui causaient ordinairement tant d’ennuis, qu’apprenant un jour que les choses se sont passées tout autrement à Saint-Eustache, il adresse une lettre pastorale aux habitants de l'endroit pour les féliciter sur «le bon esprit » qu’ils ont montré par rapport à la construction de la maison de Dieus$.
Hélas! vers le même temps, que de chagrins n’éprouvet-il pas de la part d’une nouvelle paroisse près de Québec: Saint-Henri, où il s’agit précisément de construire une église! Les habitants ne s'entendent pas entre eux, et un bon nombre montrent de la mauvaise volonté. Parmi les plus entêtés, il y a des habitants de Saïnt-Charles, qui font maintenant partie de la nouvelle paroisse. M£ Briand a été obligé de se montrer sévère à leur égard, et de défendre d'admettre aux sacrements ceux qui ne veulent pas faire leur devoir. Maïs il y a des gens osés, qui font les braves, ou plutôt les rodomonts: « L’Evêque tonne fort, disent-ils, mais son tonnerre ne nous fera pas de mal. — Vos habitants sont orgueilleux et entêtés, écrit l'Evêque au curé, M. Vézina, et n’ont que très peu de religion pour la plupart: au lieu de faire leur devoir par religion et pour Dieu, ils sont assez insensés pour ne vouloir agir que par la force civile. Or, elle ne manquera pas; et vous pouvez dire à