Tanguay, Répertoire du Clergé, p
De Vaudreuil, ME Hubert se rendit le 12 juillet au Lac des Deux-Montagnes, où il passa plusieurs jours dans la maison de vacances des messieurs de Saint Sulpice. La mission était desservie par l’un d'eux, M. Guichard de Kersident, dont la voix mélodieuse était, paraît-il, la plus belle qu’on eût jamais entendue en Canada. L’'Evêque se rendit de là à Soulanges, où il resta du 14 au 16 juillet. Cette paroisse avait pour curé M. Denaut, le futur évêque de Québec, qui desservait aussi Ile Perrot et la mission sauvage de Saint-Régis.
Me Hubert était à Châteauguay le 18 juillet et n’en repartit que le 20 pour aller à Saint-Philippe, où il resta du 2rau23. Le curé de Châteauguay était M. Dumouchel; celui de Saint-Philippe, M. Gamelin. Il alla ensuite à Blairfindie, où il resta du 24 au 26 juillet, puis à Laprairie, du 27 au 29. Le curé de Laprairie était M. Fillau: il avait 800 communiants, et recevait 650 minots de dîme.
La visite de Laprairie terminée, le Coadjuteur traversa à Montréal, d'où il ne devait aller au Saut-Saint-Louis que le 8 août. Il eut donc tout le temps de se reposer au Séminaire, puis de faire un peu de correspondance: ce qu’il n'avait pu entreprendre au cours de sa visite, absorbé qu’il était par le travail de la prédication et des confessions, par l’examen des comptes de fabriques et des affaires d'églises.
M. Gravé lui avait écrit pendant la visite pour lui donner des nouvelles du district de Québec. M£ Hubert lui répond le 2 août pour le remercier, d’abord, puis pour lui donner à son tour des nouvelles de sa course pastorale. Il avait, en conformité de l'autorisation que lui avait donnée ME Desglis, rendu plusieurs ordonnances : une à la paroisse de l'Enfant-Jésus de la Pointe-aux-Trembles, une autre aux habitants de la Pointe-Claire, et une à ceux de Sainte- Geneviève :
« Je vous remercie, dit-il à M. Gravé, des nouvelles que vous m'avez envoyées du district de Québec. L'affaire de la Pointe-Lévi paraît en bon train. Les droits de l’évêque sont très bien établis dans votre réponse à Milord et au Conseil. La construction des églises est une affaire sur laquelle je pense qu’il est important de soutenir nos prérogatives.
« Je vous renvoie, ajoute-t-il, tous ces papiers, auxquels j'ajoute la copie d’un écrit signé de M. Montgolfier, que j'ai trouvé dans une paroisse, dont je me suis déjà servi avec succès, quoiqu'il ne porte aucune authenticité, et qui pourra peut-être vous servir en quelqne rencontre par la netteté avec laquelle il explique la manière de procéder dans les nouvelles bâtisses. Il mérite d’être conservé présentement
et de devenir loi par la suite...»
__ Il le devint en effet quelques années plus tard grâce à un Mémoire «sur les bâtisses d’églises » que prépara ME Hubert, à la demande de Lord Dorchester, et dans lequel il eut soin de faire entrer les idées pratiques que lui avait fournies l’écrit en question. C’est à peu près la loi qui régit encore de nos jours la construction des églises et autres édifices paroissiaux.
Passant ensuite à d’autres sujets bien différents, pour répondre sans doute à tous les articles de la lettre de M. Gravé :
« Je ne saïs, dit-il, qui a appris à M. Ledru ou à M. Bourg à célébrer la messe sur des pierres simplement bénites. Il vous faudrait donner un avis là-dessus à ces bons messieurs.
« Je vois avec un vrai plaisir, ajoute-t-il, que votre vertu vous met au-dessus des tracasseries qu’on vous suscite. Le
15. Il s'agissait des réparations à faire à l’église de Saint-Joseph, et des difficultés qui s’ensuivirent de la part des gens d’Etchemin, qui auraient préféré la voir rebâtir plus près d'eux. (Histoire de la S'eigreurie de Lauzon, t. III, ch. XIV.)
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souverain Rémunératenr est le seul qui pourra reconnaître votre mérite en cela.
« M. Plessis, ajoute-t-il encore, n'ayant pas ordinairement le temps de tirer copie des lettres que je vous envoie, je vous prie de vouloir bien les conserver 1, »
M£' Hubert avait fixé au 8 août sa visite aux sauvages du Saut-Saint-Louis, que desservait un jeune prêtre né à Michillimakinac, Laurent Ducharme. Nous n'avons aucun détail sur cette visite; mais nous croyons qu'il la fit à la demande expresse de M£ Briand, qui avait une affection toute spéciale pour cette chrétienté iroquoise. L'année même de sa démission, l'ancien évêque avait adressé aux sauvages du Sant Saint-Louis un mandement, dans lequel ilravait mis toute son Âme et son cœur de père!
Avant de quitter le district de Montréal pour retourner à Québec, M# Hubert avait encore une fonction épiscopale à remplir: consacrer l’église paroissiale de Sainte Geneviève de Berthier, l'église de M. Poujet, qui l’avait accompagné dans sa visite pastorale. Elle fut consacrée le 22 août, comme il avait été convenu ‘8.
Le collège Saint-Raphaël! Ivstitution bienfaisante, que ME Hubert, ce grand ami de l'éducation, visita sans doute bien des fois durant son séjour à Montréal, avec M. Plessis, qui y avait euseigné quelque temps À. Ce collège était encore au Château Vaudreuil, où il se tint jusqu’en 1803, alors qu’il devint la proie des flammes.
Il semble que M£' Hubert avait peine à se décider à quitter Montréal. Il était certainement de retour à Québec le 7 octobre, puisqu'il fit ce jour-là une ordination de
16. Archiv.del’Ev. de Q., Reg.IV des lettres, lettre de Mgr Hubert, en visite pastorale à Montréal, à M. Gravé, V. G., à Québec, 2 août 1787.