L'EGLISK LU CANADA EN 1787.—VISITE PASTORALE DE
Rte la lettre qu’il écrivait à M. de Villars, en octobre
1787, pour lui rendre compte de la visite pastorale qu’il venait de terminer, M£# Hubert lui disait: «J'ai remarqué beaucoup de foi et de piété dans les peuples, beaucoup de relâchement dans le clergé.» Parole bien grave, à l'adresse du clergé canadien, de cette partie du clergé, du moins, qu’il venait de visiter, c’est-à-dire la moitié du district de Montréal! Et ce qu’il écrivait ensuite ajoutait encore à la gravité de cette parole: « Aussi je tâcherai, conformément à vos avis, de ne laisser entrer dans le sacerdoce que des hommes capables d’édifier par leurs paroles et par leurs exemples. Dieu veuille que j'en trouve un nombre snffisant!..» Il semble donc que cette réputation de «relâchement dans le clergé canadien» avait traversé les mers et attiré l'attention de M. de Villars, que celui-ci en
avait été chagrin, et qu’il avait recommandé au futur
Evêque de Québec d'être vigilant sur le choix des candidats au sacerdoce.
Le témoignage du Coadjuteur, si favorable au peuple, si défavorable au clergé, ne laisse pas de surprendre, lorsqu'on
est accoutumé à penser qu’en général les bons curés font
les bonnes paroisses, et les curés relâchés des paroisses peu recommandables. Si l’on se rappelle surtout que M£ Briand, lorsqu'il écrivait à Paris à'ses grands vicaires et au
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Nonce du Pape, ne cessait de leur dire qu’en général il était content de son clergé, qu’il avait des prêtres «fervents, » que tout allait ici «comme à l'ordinaire et peut-être mieux,» ou du moins «assez bien, » et que l’on entende ensuite M£"' Hubert se plaindre du «relâchement du clergé, » on est tenté de dire avec le poète :
« Comment en un plomb vil l'or pur s'est-il changé ?»
Mais n’oublions pas qu’il n’y avait pas eu de visite pastorale depuis quatorze ans, quatorze ans que la plupart des curés n'avaient pas vu l’Evêque chez eux. M£* Briand était sans doute au courant de ce qui se passait dans son diocèse, dans son clergé, surtout; mais que de choses contre l’ordre et la discipline viennent à se glisser insensiblement dans les paroisses, dans les villages, dans les presbytères, si l’œil du maître n’y pénètre de temps en temps! MS Hubert arrive dans ces paroisses qui n’ont pas vu d’évêque depuis longtemps: c'est l’homme d'ordre, l’homme de devoir, l’homme rangé, par excellence: il scrute tout dans les églises, dans les sacristies, dans les presbytères : mais il n’a pas le temps, en deux ou trois jours, de tout voir dans les paroisses, où, au témoignage de M#' Briand, le « torrent du vice » commence à faire des ravages un peu partout ': il est obligé de s’en tenir généralement au témoignage des curés, qui n’ont pas intérêt à trop déprécier leurs paroissiens. Dans certains presbytères, au contraire, que d'abus peut-être se sont introduits, çà et là, qui n’ont pas échappé à la pénétration de son œil scrutateur, et lui ont fait porter un jugement, peut-être trop général, sur le clergé canadien !
Il y avait surtout un abus, qui n’avait pas échappé à la connaissance de M£ Briand, contre lequel il s'était élevé à
1. Voir sa lettre au lieut.-gouverneur Hamilton, citée plus haut.
AO aravcvros L'ÉGLISE DU CANADA LOT | maintes reprises, et qu’il espérait, le bon Père, faire-disparaître peu à peu par la douceur et les, bons procédés, plus sûrement que pa la, violence. La violence, les coups d'autorité, il n’en usait que, dans. l'extrême nécessité, à Pégard des simples fidèles : comment aurait-il pu se décider à s’en servir contre ses prêtres, qui avaient en général tant de bonne volonté, desservant quelquefois jusqu’à trois et quatre paroisses; contre ses prêtresisi-peu :mombreux pour l'immense diocèse qu’on lui avait confié? L/abus dont nous; voilonstparler;;c'est ce quérlebontet pieux? Prélat appélaitrlle Aéau:desrjeunes servantes.s5 1 Ah; que te fléau lui causaid'inquiétudeet-de:péine | Hys'eri ouvrait ajout à<onigrand wicaite RARE SE ‘ab he proposé abrcé relatif dvetabhsaup sis :iuodtne Bgtolo noe ensb enxiJernrver rapporte àvoüs, lui épondrM atroB bain sut lé bas'bnequestion.>1Vonsavéz, pour cela sLenrpoumebio fécesi saidesti Mais, mon-Diea l:que cette histoire nr'asdoatié de chagtinok: Doit‘onrêtre étonné de nos-malhewrs, sinôus, qui devons afrêterrdaijusticerde Dieuj;onous2ne faisons) que d'itritertet unflammer sa colère? :Vouscn'ignorez pasique j'ai renrouvelétés ordonnances: demésseignetirs Dosqaet et de Portbriand Bur: les servarites) MI fandra yajoniter 4ôt où tardilesrcensures; poür'faire phéitoiesi prêtres, si?iimpés rieux à l’évardde leurs'habitants-quandlifs veulent extirpèr quelques abus bien: moindres: {Famais Pot ntavait va cplés de jeuires fillesichez tes onrés qu'à Présentii Slsront leur pdfehts;ril faut hres parentsodes .servantes; quelles prefl ent dé tout âge. °Qudoiqu'il'ensoit, fe cônrens quevons perrrettiez id'absoudre! lès complices? pour te-passéiomais nonbärjanais pont l'aveénirset âeriperimets5pas rqtre des cb plicesidènrenrént dansilépresbytère 17e suppousequélles ÿ xvikntisil faut ieut oridonnémaquelles eh partentrpous peine de suspense 7250 facto encourue par le curé; etil
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culier: Tant pis pour lui, s’il n'obéit pas, et FA CR : elles’se fient à cette absolution.
« Je suppose que vous avez des preuves ét dé dé ét je ne manquerai pas d'agir dans le cas de désobéissanice. Si vous n’énavez pas encore, faites des perquisitions, et j'en prendrai occasion de pousser l'affaire des sérvantes jusques où elle doit aller. : Le temps ést bon, à mon avis, par la raison même que les sacrilèges libertins le Voiéit ‘moins: propre, etije-vous avouerai que je ne!éuis pasidisposé À ipardommerserJe Pai fait ve trop: longtemps et fa -Gonsgiènce en est: gênée AIS 28Q IS 0 5 SUP 915 D SUR
> Ceciiétait écrit en 1775! © tél: ans s'étaient: écoutés iésditoo MMontgolfier, Mer Briand'avaiéht viéilibi “poirit “der visiteopastoralent fautil:s'étonnerque M Hubert laît trouvétà ét lrquelques: indices derelâchement: datisile clergérfsoitsemrapportavec-l'abusique roûs vénéns de “signaler, soit ei rapport avec: d'autres abus nôn Mois -mésséants à l'état ecclésidstique 0 Mais Al ne fallait pas, dañsttous lesréas) génétalisenl 1 IPest certain-que lent canadien, pris dans son ensemble, était Bot, piete, 2É1é, “exact à son devoir : ét là meilleure preuve en était-doifnée par: M#/Hübert: lui-même: ice clergé avait #ÉUSSt ATutie “Époque detroubles ét d’agitatiôn :sans: égale, comme léelle que l'on venaitidé traverser; à maintenir” parmi es peuples w“beaucoupide foirét de piété.» Quant atp& fléau des ‘setvantes »‘dansites presbytères, le cas dont Inôus ‘avouis parlé tout-à:l'heutelné!/s'étdit-pas renouvelé rau-mioins d'aprèstes ardhives!etisil Me Briatid enrparlé ie atitre Rois; Cest amiquemedtpour-donmer de-bons iconseils à ui jeinereire derces consétlsodilfaisait éclater sas grande charité" HO +5 apérbuisibiè aise, Ééritiil à dé jeunesprètres quelæ pauvre Dumouchel soit -avec-vous.--C’est-une-bonne-femme,
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pieuse, douce, à ce que je crois, polie et intelligente. Il lui faudra sans doute une autre fille; mais que ce ne soit pas une jeune; car je souffre avec bien de l’impatience, qu'après une première ménagère catholique, l’on en aït d’autres qui, bien loin de l’être, sont souvent tout autre chose, »
Puis il ajoutait avec cette simplicité et cette bonté qui lui étaient si naturelles:
« Dites à cette chère et ancienne fille spirituelle, que j’ai bien souffert à la mort de son fils, et à cause de lui, et à cause d'elle; que je n’ai pas manqué à prier pour lui, pensant que l'ignorance l’aura excusé auprès de Dieu, plein de miséricorde. De plus savants que lui ont erré et ont failli, hélas! Dites-lui que j'ai regardé ce malheur comme une puuition de n'avoir pas obéi à sa mère, dans l’affaire de son mariage. Dieu est toujours le même: 7ère e{ mère honoreras, afin de vivre longuement. Il a été puni par une mort prématurée : j'espère qu’il ne l’est pas par une éternité malheureuse. Ce sont les sentiments dans lesquels je veux qu’elle soit ?. »
Mais revenons au Coadjuteur, M&# Hubert. Nous sommes au printemps de 1788. Ilest au Séminaire de Montréal, où il a passé l’hiver, et il se prépare à continuer la visite pastorale du diocèse, qu’il a commencée l’année précédente. Il a visité la moitié du district de Montréal: il va visiter cette année l’autre moitié. Il vient de recevoir de son supérieur hiérarchique, ME Desglis, la belle lettre que nous avons citée au chapitre précédent, dans laquelle le bon vieux Ptélat lui souhaite beaucoup de succès «dans sa nouvelle campagne.» Il part joyeux et content, emmenant de nouveau avec lui M. Poujet {, curé de Berthier, et
3. Reg. III des lettres, p. 601, lettre à M. Dubois, curé de Saint- Cuthbert, 28 août 1776.
4. M. Poujet était parent de Louis Payet, le grand ami de Mgr Hubert, parent aussi de M. Denaut, son futur coadjuteur,
aussi, croyons-nous, le Père Well: du moins nous savons que le pieux Jésuite accompagnait aussi quelquefois l'Evêque dans ses visites pastorales. Le Père Well savait l'allemand, et M# Hubert lui conféra des pouvoirs extraotdinaires pour tous les Allemands qui pouvaient se trouver dans le diocèse 5.
La visite était annoncée pour commencer à Longueuil le 10 mai, et se terminer aux Trois-Rivières le 4 août. Le Coadjuteur avait vingt-neuf paroisses À visiter; il y restait deux ou trois jours suivant l'importance de chacune : dans plusieurs il n’était qu'une journée. Voici, du reste, son itinéraire : Longueuil, Boucherville, Varennes, Verchères, Contrecœur, Saint-Antoine de Chambly, Saint-Ours, Saint- Denis, Saint-Hyacinthe, Saint-Charles, Saint-Jacques du Ruisseau Vacher, Saint-Roch de la Châûte, Saint-Pierre du Portage, Repentigny, Saint-Sulpice, La Valtrie, Saint-Paul, Lanoraie, Saint-Cuthbert, Berthier, lPIle Dupas, Sorel, Saint-Michel d'Yamaska, le village des Abénakis, Saint- François du Lac, Le Baie du Febvre, Nicolet, Bécancour, les Trois-Rivières °. É
Chose remarquable: après avoir terminé sa visite à Saint-Charles, près Saint-Hyacinthe, le 8 juin, ME Hubert s'était alloué quelques jours de repos, qu’il devait passer au Séminaire de Montréal, avant de reprendre sa visite sut la . côte nord, à Saint-Jacques du Ruisseau Vacher, le 27 juin. Avait-il quelque pressentiment que le vénérable évêque Desglis pourrait bien mourir dans cette période, et qu’il lui faudrait se rendre en toute hâte à Québec recueillir sa succession et prendre possession du siège épiscopal? C'est du moins ce qui arriva, précisément dans les jours. libres qu’il s'était réservés, de sorte qu’il put faire le voyage de
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