Pâques, en 1788, tombait le 23 mars
2. M. Hamel, après la mort du Prélat, desservit la paroisse jusque dans l’automne de 1789. Il mourut en 1791, et fut inhumé dans l’église de l'Hôpital-Général.
Les funérailles, aussi solennelles qu’elles pouvaient l’être dans la petite église de Saint-Pierre, eurent lieu le 6 juin, présidées «par M. Gravé, prêtre, supérieur du Séminaire de Québec, ancien vicaire général du diocèse, député de: ME Jean-Olivier Briand en l'absence de M£' Jean-François Hubert, successeur à l’Evêché de Québec #, »
Ancien Vicaire Général... Habemus confitentem... M. Gravé était resté en disgrâce, et l'Evêque ne lui avait pas rendu avant de mourir son titre de grand vicaire. M Briand l'avait «député » à Saint-Pierre pour présider à sa place aux funérailles de son vénéré successeur :
« Le jour des obsèques, ajoute un chroniqueur, vingt prêtres célébrèrent la messe pour le repos de son âme dans l’église de Saint-Pierre, où son corps fut inhumé, conformément au désir que Sa Grandeur avait manifesté longtemps avant son décès. Il avait voulu demeurer, même après sa mort, dans la paroïsse qu’il avait desservie avec tant de zèle et de charité pendant les cinquante-quatre années de son sacerdoce f, »
Son désir, ou plutôt sa volonté d’être inhumé dans sa paroisse, le pieux Prélat avait pris la peine de l’exprimer dans son testament: «Je veux, disait-il, que mes cendres reposent à côté de celles de mes chers paroïssiens, et je. désire que nous ressuscitions ensemble pour le ciel au dernier jour.»
Comme nous l’avons vu au chapitre précédent, le Coadjuteur, M# Hubert, qui devenait Evêque de Québec par le fait même de la mort de ME Desglis, était en visite pasto-. rale à Saint-Charles de Chambly lorsque lui arriva la nouvelle du décès. Il se hâta donc de partir pour venir prendre possession de son siège à Québec; et en passant à
3. Note de M. le curé Savard, à l’auteur, d’après l'acte de sépulture. 4. Les Evêques de Québec, p. 378.
Montréal il pria M. Montgoifier d'adresser immédiatement ane circulaire au Clergé pour lui annoncer le décès du vénéré Prélat dont il allait prendre la place: ce que se hâta de faire le digne supérieur du Séminaire:
«Vous êtes déjà sans doute informé, dit-il, de la perte que vient de faire tout le diocèse de Québec par la mort de notre très respectable Evêque, M£ Desglis, décédé dans la paroisse de-Saint-Pierre en l'Ile d'Orléans, le quatre de ce mois, muni avec une édification singulière de tous les sacrements de l'Eglise ; il a été enterré le lendemain *. M# d'Almyre, qui vient d'en être informé dans le cours de ses visites en la paroisse de Saint-Charles Rivière Chambly, vient de partir pour retourner à Québec prendre possession du Diocèse. J'espère cependant que nous aurons bientôt l'honneur et le plaisir de le revoir dans ce district.
«Sa Grandeur me donne ordre de vous avertir que son intention est qu’il se fasse dans toutes les paroisses de ce diocèse un service solennel pour le Prélat défunt. J'espère que par devoir et inclination vous vous ferez un plaisir de vous conformer aux intentions de Sa Grandeur 6...»
M# Hubert avait si peu de goût pour les démonstrations extérieures et les pompes officielles, que nous saurious peu de chose de la réception chaleureuse qui lui fut faite à Québec lorsqu'il y arriva pour prendre possession de son siège épiscopal, s’il n’en avait dit un mot dans la lettre qu’il écrivit au Cardinal Préfet de la Propagande deux jours après son intronisation. 11 commence par luiannoncer la mort de son prédécesseur :
«Ayant plu à Dieu, dit-il, d'appeler à lui mon prédécesseur, M. Louis-Philippe Mariauchau Desglis, qui est mort le 4 de ce mois, et a été inhumé le 6, je me suis
5. Le surlendemain, 6 juin, d'après l'acte de sépulture. 6. Mand. des Eu, de Q.,t. LI, p. 339.
trouvé Evêque titulaire de Québec en vertu du Bref apostolique de Sa Sainteté, en date du 14 juin 1785, qui me nommait Evêque d'Almyre, et m’accordait la coadjutorerie de l’'Evêché de Québec cum futuré successione, de l’agrément de Milord Dorchester, gouverneur général de cette Province au nom de Sa Majesté Britannique». Puis il ajoutait :
« J'ai pris possession personnelle et réelle de ma cathédrale le douze du présent mois. La joie, les transports et le concours prodigieux du peuple à cette cérémonie ont répandu lallégresse dans mon âme et m'ont consolé d'avance des travaux pénibles auxquels les Evêques de ce pays sont assujétis, et des afflictions inséparables d'un ministère aussi laborieux que le nôtre. »
C'est donc le 12 juin 1788 que M£ Hubert prit possession de sa cathédrale et de son diocèse. L'acte en fut dressé séance tenante par les notaires Pinguet et Deschenaux”; et cette pièce, ainsi que l’acte mortuaire de M£& Desglis, était annexée à la lettre du Prélat au Cardinal Antonelli.
Le lendemain de sa prise de possession, M8 Hubert continua à M£' l'Ancien tous les pouvoirs ordinaires et extraordinaires dont il avait joui sous son prédécesseur ; puis il adressa des lettres de grand vicaire à M. Gravé, supérieur du Séminaire de Québec, à M. Montgolfer, supérieur du Séminaire de Montréal, à M. Charles-Madeleine Vouville-Dufrost, curé de Boucherville, à M. Pierre. Garault-Saint-Onge, des Trois-Rivières, le dernier chanoine survivant de l’ancien Chapitre; puis des lettres de secrétaire du diocèse à M. Plessis.
Le 14 juin, il écrit au Cardinal Antonelli, Préfet de la Propagande, la lettre dont nous avons cité tout-à-l’heure le
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