Mand. des Ev. de O., t. IT, p
juridiction de ce zélé missionnaire était immense, s’étendant à partir de Soulanges jusqu’à Michillimakinac ".
Mêmes pouvoirs extraordinaires à M. Girouard, en Acadie, à M. Bourg, missionnaire à la Baie des Chaleurs, et à
, M. Jones à Halifax.
Mais l'affaire principale, la plus pressante, que ME Hubert avait à régler avant de repartir pour sa visite pastorale, était sans contredit la nomination d’un Coadjuteur, pour assurer la succession épiscopale à l’'Evêché de Québec, suivant le plan imaginé par ME Briand et agréé par Rome. Cette fois, la chose se fit, pour ainsi dire, presque d’ellemême, avec la plus grande facilité, trop facilement peutêtre même, oserions-nous dire, puisque c’est le gouvernement qui prit les devants, et imposa son choix. Ah, la triste obligation pour notre Eglise, à cette époque, de recourir au pouvoir civil et d'obtenir son assentiment pour le choix de ses Evêques ! Quand se verra-t-elle affranchie de ce joug? Ce joug, l'Eglise de France l’a subi bien longtemps; et, tout en déplorant la manière brutale dont s’est opérée de nos jours la rupture du Concordat, comme elle a béni le jour où elle a pu recevoir directement ses Evêques de la main du Souverain Pontife! Avant longtemps notre Eglise, elle aussi, s’affranchira de ce joug ; et nous verrons M£ Denant lui-même n’accepter la Coadjutorerie que sur l'assurance qui lui fut donnée, que sa nomination n'était pas le fait du gouvernement. Quoi qu’il en soit, Lord Dorchester, qui avait eu M. Bailly comme précepteur de ses enfants, qui l’appréciait et qui l’aimait, fit voir à M£ Hubert et à M l'Ancien qu’il serait heureux de le voir élever à l’épiscopat. On assure que le prince Guillaume-Henri, lui aussi, lors de sa visite à Québec,
13. Reg. D. E, 25 juillet 1786. — M. Dufau desservit Détroit jusqu’à sa mort le 12 sept. 1706. Il fut inhumé dans l’église de Sandwich. (Tanguay, Répertoire du Clergé, p. 128).
avait exprimé le même désir. On n'avait donc pas à s’occuper, cette fois, d'obtenir l'approbation du gouvernement de Londres pour le choix que fit l’'Evêque de Québec de M. Bailly pour son coadjuteur cum futurû successione. Mais il fallait que cette nomination fût bien appuyée à Rome par des témoignages ecclésiastiques en sa faveur. ME Hubert commença par nommer M. Bailly son grand vicaire. Ses lettres sont du 20 juin, et, outre la signature de l’'Evêque, portent celles de MM. Gravé, Ducondu, Aug. D. Hubert, Edmond Burke, Bedard et Lahaïlle, comme témoins !# :
Voici maintenant le témoignage qui fut envoyé au Saint-Siège en faveur de la nomination de M. Baïlly comme coadjuteur de Québec:
« Nous soussignés certifions et attestons par les présentes que messire Charles-François Bailly de Messein, prêtre de ce diocèse, élu coadjuteur à l’'Evêché de Québec, âgé de quarante-huit ans, et né à Montréal, en Canada, du légitime mariage de François-Augustin Bailly, écuyer, sieur de Messein, et de Dame Marie-Joseph De Goutin, nous est connu en sa foi parfaitement conforme à celle de la sainte Église Romaine, et par ses mœurs pures, intègres et exemptes de tout soupçon. Elevé en grande partie dans le Séminaire de Québec, il y a puisé les vrais principes de la piété, des bonnes mœurs, et de la doctrine catholique, qu’il a enseiguée depuis en qualité de professeur de théologie. Son expérience dans la conduite des âmes est attestée par le succès qu’il a eu dans les longues et pénibles missions de l’Acadie, et par le titre de grand vicaire de ce diocèse qui lui a été donné depuis plus de vingt ans et renouvelé deux fois depuis cette époque. Nous regardons sa promotion à l'épiscopat comme uu effet de la miséricorde de Dieu