James LeMoine, Monographies et Esquisses, passim
Montgomery, et où ils firent, paraît-il, «beaucoup de dégâts, surtout au Couvent ?. »
Mais que se passait-il du côté de Montréal? Carleton s’y était rendu le 22 mai. Il y resta tout l’été, moins deux ou trois semaines du mois d'août qu’il vint passer au Château- Saint-Louis pour y inaugurer le nouveau Conseil Législatif établi par l’Acte de Québec. Avait-il quelque espoir d'empêcher les Américains de venir à Montréal et de s’en emparer? Nous ne le croyons pas. Que pouvait-il avec une poignée de soldats réguliers, avec des milices remplies de traîtres, sur lesquelles ils ne pouvait compter? Que pouvait-il pour sauver Montréal, une ville entourée de murailles que l’on se plaisait à appeler «les murs de Jéricho?» Son seul espoir, pour conserver le pays à l’Angleterre, était Québec, reconnu comme le boulevard de la Grande-Bretagne au Canada. Il fallait cependant retarder autant que possible la marche de l’ennemi, et quoi qu’on en ait dit, c’est ce qu’il fit, suivant nous, avec tout le succès qu’on pouvait attendre de son courage, de sa prudence, et de son savoir-faire, et avec d'autant plus de merite que la mère patrie l’avait laissé presque sans secours, et semblait lui avoir dit: « Arrangez-vous comme vous pourrez. »
Du reste, nous n’avons nullement intention de raconter ici en détail les différentes phases de la guerre américaine au Canada. Le lecteur n’attend de nous que ce qui peut intéresser l’histoire de notre Eglise. M. Montgolfer tenait son évêque au courant de ce qui se passait dans son district; et il y a dans sa correspondance des détails inédits, soit en eux-mêmes, soit dans la manière de les exposer, qu’il importe de faire connaître.
2. L'abbé Benj. Demers, Quelques Notes historiques sur... la Pointeaux-Trembles, p. 11.