Invasion du Canada, p
21 02000 Une 22, Les Ursulines de Québec, t. III, p. 128.
externes, qui étaient plus de cinquante. La rentrée avait eu lieu le premier octobre, comme de coutume, à l’exception des écoliers de Montréal, ordinairement au nombre d’une vingtaine, qui avaient été empêchés de descendre à Québec #, On lit dans les registres du Conseil du Séminaire, à la date du 14 novembre, 1775:
« À été décidé qu'il fallait renvoyer le Petit-Séminaire et fermer le Collège le 14 novembre à raison du siège: a été décidé qu’on garderait dans la maison les meubles et provisions *#, »
Ce qui laisse entendre qu’à cet Âge lointain de notre Alma mater les élèves pensionnaires du Petit-Séminaire devaient se pourvoir de meubles—ce que nous savons d’ailleurs par. notre propre expérience—mais pouvaient même se pourvoir de leurs provisions de bouche. Si grande, à cette époque, était la pénurie d’argent !
Quant aux élèves du Grand-Séminaire, il est certain qu’ils restèrent à leurs études théologiques et à leurs pieux exercices tout le temps du siège.
Ayant éliminé de Québec tous les traîtres, d’abord, tous ceux qui sympathisaient avec l’ennemi, tous ceux qui ne se sentaient ni le courage ni la bonne volonté de se sacrifier pour la défense de la patrie, Carleton avait sous ses ordres, d’abord les montagnards Ecossais qui venaient d'arriver de l’Ile Saint-Jean, puis quelques centaines de troupes régulières qu’une providence évidente lui avait envoyées, mais surtout un corps solide de miliciens éprouvés et loyaux, décidés à combattre résolument #ro aris et focis, et d'autant plus généreux que la plupart avait repoussé avec dédain les promesses fallacieuses de l’ennemi.
23. Archiv. de l’Ev. de Q., lettre de M. Montgolfñer à Mgr Briand, 25 sept. 1775.
24. Arch. du Sém. de Q. — Nous devons cette citation et un bon nombre d’autres à Mgr Amédée Gosselin, archiviste du Séminaire,
Soldats réguliers et miliciens formaient une garnison d'environ deux mille hommes.
Ah, le beau spectacle que devait offrir cette petite armée de défenseurs de Québec, s'entraînant nuit et jour, sous la direction d'officiers compétents, pour accomplir la noble tâche qu’ils ont assumée, ou travaillant sous les ordres du Général lui-même, à fortifier Québec pour le mettre en état de résister aux coups de l'ennemi! Quel contraste entre ces courageux défenseurs de l’ordre, de l’autorité et de la Société, et cette «troupe de sujets révoltés contre leur légitime Souverain, » qui se sont laissé griser par les mots de liberté et d'indépendance, et croient avoir tout dit pour le bonheur de l'humanité quand ils ont prononcé ces mots, souvent vides de sens parce qu’ils n’ont aucun rapport avec la réalité des faits et des situations!
Il ya à l'entrée du havre d’une grande ville une immense statue que l’on a décorée du nom de « Ziberté éclazrant le monde.» Etrange appellation! La liberté n’éclaire rien par elle-même ; c’est l'esprit, c’est l’intelligence, c’est le Verbe divin qui éclaire tout dans le monde, —erat lux vera que illuminat omnem hominem ® — qui montre à l'homme la voie qu’il doit suivre, et qui lui enseigne que nulle société humaine n’est possible sans un principe d'ordre qu’il faut respecter, sans une autorité, qui a ses droits et à laquelle il faut obéir.
C'est cette obéissance à l'autorité constituée, à la hiérarchie ecclésiastique, dans l'Eglise, au Souverain et aux Princes, dans l'Etat, que M®# Briand ne cesse de recommander à ses diocésains. Depuis longtemps il a la douleur de les voir égarés, emportés et séduits par les vains mots de liberté et d'indépendance: « Nos Canadiens me couvrent de confusion, parce que je les aime. C’est une