S1Tean
intrigue formée dans l'enfer, et dont le Seigneur a permis qu’ils fussent la victime...» Il se désole et ne voit jour à ramener la paix dans le pays que par la force armée, «qui vaudra mieux, dit-il, pour rétablir la discipline dans les paroisses que les plus touchantes prédications. »
Ab, qu’il dut être heureux lorsqu'il entrevit le jour où Québec pourrait être sauvé, grâce à ce petit noyau de bons citoyens de sa ville épiscopale qui ont résisté à toutes les folles séductions des Américains, et veulent rester Français et catholiques sous le drapeau britannique auquel ils ont promis fidélité! Québec sauvé, échappé à l’ennemi, c’est le salut de la colonie toute entière, c’est la fuite des Américains, c’est la désillusion des Canadiens, puis leur honte et leur rage de se voir abandonnés de leurs prétendus « amis », et réduites à néant tant de promesses qu’on leur a faites, c’est enfin leur conversion.
Mais cette conversion ne sera pas l’œuvre d’un jour: il faudra d'ici à longtemps, de la part de l’Evêque et de son clergé, un travail ardu pour pacifier le diocèse et le faire rentrer dans l’ordre. Mais y eut-il jamais évêque à qui fut plus familière qu’à Briand la belle parole de saint Martin: Von recuso laborem ?