‹ L'eglise du CanadaChapitre 43 sur 197 · Rom., XIII · texte numérisé non relu

Rom., XIII

Hospitalières dans leurs salles de malades l, pour prodiguer leurs soins aux soldats blessés, les Ursulines dans les appartements où elles s'occupent de l’éducation des quelques élèves qu’elles ont gardées avec elles, dans les parloirs où elles consolent tant de personnes affligées qui viennent leur demander avec l’aumône quelques paroles d'encouragement.

Milice non moins précieuse pour Québec, pendant le siège de 1775, non par le nombre, mais par la piété et la ferveur, les communautés d'hommes: les Franciscains, les Jésuites, le Séminaire de Québec. La plupart des Franciscains desservent les paroisses: il n’y en a qu’un très petit nombre à Québec, avec leur Père Commissaire provincial, Félix Bérey: leur monastère sert de refuge aux prisonniers américains ; et quelle bonté, quelle charitable bienveillance ne témoignent-ils pas à ces malheureux !

« Les Jésuites, enfermés avec moi dans la ville, se sont bien conduits, » écrivait après le siège ME Briand. Il voulait dire sans doute qu’ils ne s'étaient pas épargnés pour assister les défenseurs de Québec. On sait qu’en 1600, « Pères et Frères Jésuites s'étaient partagés dans les corps de gardes de la haute et de la basse ville pour encourager

13. “ En 1750, nos Mères recevaient leurs malades au premier étage de l'aile orientale de la communauté, transformée en hôpital. Elles ne pouvaient disposer en leur faveur que d’une vingtaine de lits, étant trop pauvres pour rebâtir leur hôpital incendié en 1755... De 1760 à 1785, le Gouverneur s'était réservé deux étages de l'aile orientale de cette maison pour en faire un hôpital militaire, où venaient se faire traiter les officiers et les soldats malades ou infirmes de son armée... Nos Mères n’ont pas tenu le registre des militaires anglais traités à l’hôpital, parce qu’elles n’avaient à leur donner que leurs soins de jour et de nuit, n'ayant aucune dépense à faire pour eux, le loyer des chambres qu’ils occupaient étant même payé régulièrement par les autorités militaires... Ce n’est qu’en 1785 que les Religieuses eurent la libre disposition de leurs salles de malades, la réserve des gouverneurs avant subsisté jusque-là.—Pendant 25 ans, le chiffre des n alades ordinaires reçus à l'hôpital est à peu près de quatorze cents.” (Lettre de la Révde Mère Saint-André à l’auteur, 29 nov. 1916). .

les soldats et les assister 4,» Nous croyons que les seuls Pères Jésuites qui se trouvaient à Québec pendant le siège de 1775 étaient le P. de Glapion, supérieur des Jésuites du Canada, le P. du Jaunay, confesseur des Ursulines, le P. Lefranc et le P. Casot #5. Ils étaient trop peu nombreux et presque tous trop âgés pour servir dans les corps de gardes ; mais ils firent noblement leur devoir.

Au Séminaire, outre M€ Briand, qui y fait sa résidence, il n’y a en tout que six prêtres. Le curé de Québec et son vicaire n’y restent plus depuis 1772; la fabrique leur a procuré un autre logement . Les six prêtres du Séminaire sont: le supérieur — procureur en même temps — M. Hubert, futur évêque de Québec, M. Pressart, premier assistant vicaire général du diocèse, M. Gravé, deuxième assistant, M. Demeulle, directeur du grand séminaire, et M. Bailly, directeur du petit séminaire, puis enfin M.'Thomas-Laurent Bedard, un futur supérieur, qui vient d’être ordonné et agrégé. À ces prêtres, il faut ajouter deux jeunes ecclésiastiques français, nouvellement arrivés pour s’agréger à la maison : M. Dudevant 7, de Bordeaux, et M. Lahaille , de Tarbes, lui aussi un futur supérieur. Dans ce petit groupe de prêtres et d’ecclésiastiques, réunis autour de M# Briand, quelle piété et quelle ferveur! quelle exactitude dans l’ob-

Page 1