Mgr de Saint-V’allier et l'H6p.-Général, p
28. L'Hôpital-Général avait alors un pensionnat de jeunes filles: ” fut aboli du temps de Mgr Baillargeon.
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animées qu’elles étaient du plus ardent patriotisme canadien, donnèrent leurs soins aux malades et aux blessés de l’armée américaine, «toutes gens, écrit l’annaliste, d'une grossièreté et d’une hardiesse détestable #.» HâÂtons-nous de dire que, d'après le même témoignage, elles n’eurent qu’à se féliciter, en général, de la conduite des officiers à leur égard.
Une des plus grandes affictions de nos hospitalières pendant ces longs mois que dura le siège, ce fut d'être privées de toute communication avec leur vénérable Evêque. Il fut toujours si bon pour toutes ses communautés, et en particulier pour son Hôpital-Général! Cette maison avait été bien éprouvée lors du siège de 1759. Elle était restée avec des dettes si considérables, qu’elle avait été obligée, à son grand regret, de vendre sa seigneurie de Saint-Vallier. « Elle ne se soutient, écrivait un jour ME Briand à M. de Lacorne, que par la vigilance du confrère Rigauville, leur travail forcé, et ce que je puis leur donner.» Le plus grand bienfait, peut-être, qu’il fit à l'Hôpital-Général, ce fut de lui donner pour supérieur M. de Rigauville. Ah, quel homme admirable de dignité, de vertu et de dévouement! Pendant les longs mois du siège, surtout, comme il s’efforça de remplacer auprès de nos hospitalières le vénérable Evêque de Québec!
Ce fut pour elles un beau jour lorsqu'elles apprirent la défaite des Américains à Près-de-ville et au Saut-au-matelot; un plus beau jour encore, lorsqu'on les vit, le six mai, s'éloigner définitivement de notre ville, qu’ils désespéraient de prendre. L’Angleterre nous envoyait des secours considérables, et les vaisseaux qui les apportaient mouillèrent devant Québec le 7 mai. Carleton poursuivit les ennemis
30. Mgr de Saint-Vallier et l'Hôp-.Général, p. 407. 31. Archiv. de l’Ev. de Q., Rég. LIT des lettres, p. 337, lettre du 6 juin
une assez longue distance, puis rentra dans la ville, où il s’occupa immédiatement des pauvres malades et des blessés qu’ils avaient abandonnés, et dont quelques-uns même par frayeur s'étaient enfuis dans les bois. 11 les fit rechercher et les rassembla, puis les envoya à l'Hôpital-Général et à l’'Hôtel-Dieu, priant les religieuses d'en avoir soin comme des nôtres jusqu’à leur guérison #,
Pendant ce temps, M£' Briand adressait aux citoyens de Québec un mandement, qui fut lu à la cathédrale le dimanche 12 mai. Il ordonnait un 7e Deum d'actions de grâces, qui fut chanté le soir même après vêpres:
« La juste crainte d'exposer des vies qui nous sont si chères, écrivait le Prélat, nous a porté à interrompre depuis longtemps les offices solennels: nous les reprenons aujourd’hui avec la plus grande allégresse. Les ennemis ne sont plus à nos portes, un instant les en a éloignés, le fracas de leur artillerie ne peut plus troubler votre dévotion. Ce bienfait signalé n’exige-t-il pas de notre part les actions de grâces les plus sincères et les plus solennelles envers notre Dieu, que vous avez si souvent reconnu pour être le premier auteur de nos succès. »
Le Prélat rendait ensuite hommage au Gouverneur, « dont la sagesse, disait-il, la prudence, l’activité et l’intrépidité ont confondu » nos ennemis. Il rendait aussi hommage à la valeur des officiers, de leurs soldats et de « tous nos braves citoyens.» Puis faisant allusion à tant de ses diocésains égarés: « Fasse le Ciel disait-il, que la délivrance de Québec, ce bienfait signalé de la Providence, puisse dessiller les yeux de nos frères que l’esprit d’erreur et de mensonge a aveuglés! Que le succès dont Dieu a couronné votre zèle et votre religion puisse les faire rentrer dans les sentiers de la vérité, les rendre dociles à la