APRÈS LA TEMPÈTE.—MANDEMENT DE M£ BRIAND AUX SUJETS REBELLES
"EGLISE du Canada venait de passer par une terrible B; épreuve. Les ennemis avaient quitté le pays, mais l'avaient laissé dans un état de désordre, de désordre moral surtout, bien difficile à décrire. La comparaison d’une mer bouleversée par la tempête, pour être un peu banale, n’en est pas moins la plus propre à donner une idée de notre Province, après la guerre de 1775; et l'Eglise canadienne, ballotée par les flots des idées américaines, ne paraissait pas près de revoir les beaux jours d’autrefois. Le Pilote enfermé dans Québec pendant le siège, n'avait pu correspondre avec ses nautoniers. Quw'’étaient-ils devenus? Comment s’étaient-ils tirés d’affaire dans leurs paroisses au milieu de tant d’embarras de toutes sortes ?
L'un des premiers à lui donner signe de vie, après la levée du siège, fut le bon curé Sarault, de Saint-Charles. Nombre de ses paroissiens, momentanément égarés, m’avaient pu faire leur pâques !: ce qui ne leur était peutêtre jamais arrivé. Il avait hâte, sans doute, de les voir rentrer en paix avec Dieu et avec leur conscience, et de ramener dans toutes ses familles la joie et le bonheur qui s’en étaient envolés. Et que de curés, probablement, dans