‹ L'eglise du CanadaChapitre 6 sur 197 · À. D. DeCelles, Les Etats-Unis, passim · texte numérisé non relu

À. D. DeCelles, Les Etats-Unis, passim

11. Voici les noms de ces treize provinces: Massachusetts, New- Hampshire, Rhode-Island, Connecticut, Maryland, Delaware, New- York, New-Jersey, Pensylvanie, North Carolina, South Carolina, Virginie, Georgie.

américaine aboutira à une fin glorieuse. Mais la fin ne justifie pas toujours les débuts ni les moyens employés pour y arriver. M® Briand n’avait pas à prévoir cette fin et ce succès, mais il avait à maintenir ses Canadiens dans le devoir, il avait à les prémunir contre les menées fallacieuses de cette «troupe de sujets révoltés contre leur légitime Souverain,» qui voulaient les entraîner dans leur révolte, et qui, pour le moment, du moins, couraient tout simplement à l’aventure. Et voilà pourquoi il adressait « à tous les peuples du Canada » le mandement que nous venons de citer. Sur le revers de la feuille il écrivait pour les curés qui devaient le leur communiquer :

«Nous prions MM. les Curés de faire leur possible pour exciter le zèle de leurs paroissiens, de leur faire comprendre les motifs que nous n’avons fait qu’indiquer dans notre présent mandement, et de leur en faire la lecture le plus tôt possible !, »

Carleton, informé de l’invasion soudaine des Américains au Canada, s'était décidé tout-à-coup à monter à Montréal. Un parti de Rebelles sous les ordres de Montgomery #, envoyé au Canada par le général Schuyler, venait de s’emparer de Carillon et de Crown Point, et s’avançait vers le Fort Saint-Jean, bien décidé à s’en emparer également, à prendre ensuite Montréal, puis à descendre à Québec, où il devait être rejoint par un autre parti commandé par Arnold. Celui-ci venait de Boston par la vallée du Kénébec et la rivière Chaudière et était envoyé au Canada par Washington lui-même:

12. Ce petit passage a échappé à l'attention de ceux qui ont édité les: Mandements des Evêques de Québec, probablement parce qu’il se trouve dans le cartable des Lettres des grands vicaires, à la date du 22 mai 1775, ct non pas dans le Registre C.

De Richard Montgomery avait combattu en 1759 sous les ordres de Nolfe.

« J'ai fait marcher le sieur Arnold, colonel, avec un corps d'armée sous mes ordres pour le Canada !f »

Et dans sa proclamation à ce sujet, Washington disait, dans le langage exalté de l’époque :

«Nous avons pris les armes en défense de nos biens, de notre liberté, de nos femmes et de nos enfants, »

Comme si tout cela avait jamais été mis en danger par l'Angleterre !

Avant de quitter Québec, Carleton qui n’était pas sans appréhension sur la tournure que pouvaient prendre les événements, avait supplié M# Briand de Jancer le mandement que nous venons de citer. Le Prélat avait dû le faire très court et très à la hâte, et en avait confié des copies au Gouverneur, qui montait à Montréal, pour les curés de la côte nord. Ecrivant à son grand vicaire des Trois-Rivières, M. Saint-Onge:

« Vous avez vu M. Carleton, lui disait-il, et vous l’avez trouvé sans doute le plus aimable des hommes, un homme charmant. Je n’ai eu que depuis onze heures jusqu’à deux pour composer mon mandement et le faire transcrire: aussi y a-t-il bien des copies mal écrites. J'avais auparavant fait une lettre: le Général a voulu un mandement. M. Montgolfier s’est trouvé dans le même embarras que moi, et s'était déterminé comme moi à une lettre, qu'il m'a envoyée, et qu’il n’a pas voulu rendre publique avant de savoir mon sentiment %. Il trouvera dans mon mandement ses mêmes idées, et ne craindra plus d’agir.

« Nos Canadiens!de Québec m'ont couvert de confusion, parce que je lesfaime. Je les ai excusés tant que j'ai pu, par les mauvais raisonnements qu'ont faits depuis deux

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