‹ L'eglise du CanadaChapitre 63 sur 197 · BURGOYNE ET CARLETON · texte numérisé non relu

BURGOYNE ET CARLETON

‘AI confiance, écrivait un jour M£# Briand, que je ne mourrai pas avant de voir la chère Eglise du Canada paisible et tranquille, et dans un état solide ! ».

Quand il écrivait cela à son ami de LaCorne, à Paris, il venait de surmorter les grandes difficultés qu’on lui avait faites à l’occasion de la reconstruction de sa cathédrale. Il venait d'y faire son entrée solennelle ; il y avait proclamé son Coadjuteur, l'espoir et le gage de la succession épiscopale, à Québec ; et il croyait entrer dans une ère de paix durable.

Et voilà que des rivages de l'Atlantique arrive un souffle impétueux d'indépendance et de révolte qui vient bouleverser son Eglise. La tempête éclate et sévit. Les Américains envahissent le Canada. Tout est sens dessus dessous. Tout le pays devient Bostonnais, à l'exception de Québec, qui seul reste fidèle à la Couronne Britannique, et soutient victorieusement un siège de sept mois. L’ennemis est repoussé, chassé du pays.

1. Archiv. de l'Ev. de Q., Rég. IIT des lettres, p. 357, lettre à M. de LaCorne, 6 juin 1774.

L'Eglise du Canada. vat-elle jouir enfin de cette paix solide si désirée par l'Evêque? Hélas! voici maintenant l’histoire du «Jardinier et son Seigneur ? » Ces dix À douze mille soldats réguliers que l'Angleterre vient d’envoyer au Canada, et qui se répandent tout-à-coup dans le champ du Père de Famille, sous prétexte d'y maintenir l’ordre, et d'empêcher l'ennemi d’y faire une nouvelle invasion, n'est-ce pas un nouveau fléau qui succède à l’autre? Ces soldats, dispersés ça et 1à dans nos campagnes, on force les habitants à les loger, ou à leur construire des baraques pour les loger. Ah, que de corvées odieuses au milieu de leurs travaux! que d’exactions de toutes sortes ont à souffrir nos pauvres Canadiens! Souvent, pour être délivrés d’une oppression intolérable, ils n’ont d’autres ressources que de recourir à leurs curés, qu’ils n'ont cessé de honnir et de mépriser pendant la guerre de l’Invasion américaine, C'est ainsi qu’un habitant de la Pointe-de-Lévi ayant été fait prisonnier pour avoir voulu résister aux lourdes corvées qu’on exigeait de lui ne put obtenir sa liberté que par l'entremise de son curé, M. Berthiaume.

La plupart de ces troupes étaient des soldats mercenaires provenant des principautés allemandes. « Ils avaient, dit un historien, la rudesse teutonne et l’insolence des rêtres mal appris. Aussi plus d’un colon eut-il à se plaindre des exactions qu’ils commettaient 5.»

Le chef de ces Allemands était Riedesel, qui parlait très bien français. Sa correspondance avec Haldimand, conservée aux archives, est ordinairement en français.

Dans la troupe des « Chasseurs Allemands, » cantonnée surtout dans le district de Montréal, à Terrebonne, à Saint- Eustache, à Saint-Martin, il y avait un peu de tout, jusqu’à

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