Histoire de la Seigneurie de Lauzon, t. II
des ecclésiastiques défroqués. Un jour, M. Montgolfier en voit arriver un au Séminaire. (C'était un jeune prêtre Hongrois, qui s'appelait Lindor, mais dont le vrai nom était Jacques Enthe. Il cherchait à sortir de l’état misérable où il s'était fourvoyé. Il n'avait pas la réputation d'être un mauvais sujet: «au contraire, dit M. Montgolfñer, il était regardé par ses camarades comme un ex-jésuite, qui s'étant trouvé sans ressource, avait été obligé de prendre le parti des armes. J'ai cru, ajoute le vénérable Supérieur, que la charité et l'honneur de la religion exigeaient de moi quelques démarches. Je les ai faites, et obtenu son congé. Depuis qu’il a sa liberté, je lui ai fait faire une retraite, et il me paraît dans de fort bonnes dispositions. » ;
Ii aurait bien voulu le placer au Lac des Deux-Montagnes : c'était le désir de l’un et de l’autre. Mais il y avait déjà mis un autre sujet étranger, « de la même espèce », dont nous dirons un mot tout-à-l’heure, et il n’osait pas imposer à la mission un nouveau pensionnaire. Ilse décide donc à écrire à M£ Briand au sujet de ce prêtre hongrois:
« Votre Grandeur pourrait peut-être lui trouver dans le district de Québec un asile convenable, ou ordonner de son sort. Il n'entend presque pas le français: sans cela j'aurais peut-être tenté de le mettre au Collège ‘, où il aurait pu être utile... Peut-être que dans la suite on pourra lui procurer cette ressource; mais elle ne me paraît pas praticable pour le présent. »
I1 se risque même à l’envoyer, de confiance, à Québec:
«Sion ne trouve pas bon, écrit-il, de le recevoir simplement comme un étranger, au Séminaire, on pourrait peut-être pour quelque temps le recevoir en cette qualité à l'Hôpital-Général, ou dans quelque autre pension honnête