‹ L'église du Mans durant la RévolutionChapitre 46 sur 104 · AVIS · texte numérisé non relu

AVIS

Cuocemant l'Exercice du saint Ministère dans tes circunstances présentes.

ï. De r Enseignement.

Les principales vérités sur lesquelles doivent insister les Ministres chargés du soin des âmes, poiu* tacher d'éclairer et ramener ceux qui ont eu le malheur de donner dans le schisme, et de se laisser entraîner aux erreurs et aux excès, (jui en ont été les principes, ou les suites, sont :

1®. Que Jésus-Christ a donné ii son Église une puisssance spirituelle, véritablement souveraine et indépendante, en ce qui est de son ressort, de toute puissance civile.

2. Que la Puissance civile, de quelque nature (pi'elle puisse être, n'a, et ne peut exercer aucun droit sur les objets spirituels, et que son incompétence à cet égard, rend radicalement nulles

(1) Quoique nous nous soyons imposé la règle de ne donner dans ces pièces justificatives que des documents inédits, il nous a paru nécessaire de faire une exception en faveur de celui-ci, à raison de son importance et de sa rareté.

L'édition originale n'indique ni date ni lieu.

toutes les dispositions, qu'elle eotreprendroit de faire sur lesdits objets.

3. Que la véritable Église de Jésus-Christ est nécessairement une ; et que cette unité, qui lui est essentielle, consiste dans la profession de la même foi, la participation aux mêmes sacremens, la soumission aux mêmes Pasteurs légitimes, et particulièrement à notre saint Père le Pape, Vicaire de Jésus-Christ sur la terre.

4. Que notre saint Père le Pape successeur de Saint-Pierre, a, de droit divin, la primauté d'honneur et de Juridiction dans toute l'Église, dont il est le chef visible.

5. Qu'il n'y a de Pasteurs légitimes, que ceux qui, outre le pouvoir d'ordre, ont reçu la Mission canonique, conformément aux Loix de l'Église, à qui seule il appartient de statuer sur l'institution et la destitution de ses Ministres, de leur donner la Juridiction spirituelle, et d'en déterminer l'étendue.

6. Qu'en conséquence, conformément à la discipline actuelle de l'Église Catholique, Apostolique et Romaine, il n'y a de légitimes Évêques, que ceux qui ont l'institution de notre Saint-Père le Pape.

7. Qu'il n'y a de même de légitimes Curés, que ceux qui ont l'institution ou authorisation du légitime Évêquc ou de son supérieur dans l'ordre hiérarchique.

8. Que tous ceux qui, a quelqu'autre titre que ce puisse être, se prétendent Évêques ou Curés, sont des intrus, quand même les Évêchés ou Cures dont ils se prétendent pourvus, se trouveroient d'ailleurs destitués d'Évêques ou Curés , canon iquement institués.

9. Que, quand un Pasteur est canoniquement institué, celui qui, sous quelque prétexte que ce soit, prétend être Pasteur de la même Église, ou d'aucune poriion de cette Église, élève par là même, autel contre autel, i*ompt l'unité, est tout-à-la fois un intrus et un usurpateur, et n'a dans l'Église ou portion d'icelle qu'il usurpe, aucune Jurisdiction spirituelle, pour le gom^cmement des âmes.

10. Que quiconque communique en chose sainte, avec les intrus, et les usiu-pateurs, se rend complice de leur schisme, et se met hors de la voie du salut.

11. Que les Évêques établis par l'Esprit saint pour gouverner l'Éghse de Dieu, sont supérieurs aux Prêtres.

iâ. Que notre Scignem* Jésus-Christ ayant rétabli dans sa sta-

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kilité piimitiYe le Mariage^ qu'il a de plus élevé à la dignité de sacrement, a abrogé la tolérance du divorce, qui avoit lieu sous k loi de Moyse.

13. Que le Mariage contracté et consommé entre Chrétiens, ne peut être dissous, pour quelque cause que ce puisse être, même pour cause d'adultère de Tune des parties, comme l'enseigne FEglise Catholicpie, Apostolique et Romaine, conformément à la do^rine de rÉyangile et des Apôtres.

14. Que tous mariages contractés au mépris du lien subsistant d'un Mariage légitime, sont absolument nuls, et de véritables adultères, nonobstant tout acte prétendu de divorce, dont on auroit fait précéder la nouvelle conjonction.

15. Que tous actes de divorce sont criminels, quand môme ils n'aiiroient pas été suivis de mariages adultérins, parce qu'on n'a pu se porter à ces actes, sans méconnoitre et violer le précepte ëÎTin de l'abrogation du divorce, ou du moins, sans faire extérieurement profession de l'erreiur de la dissoliibilité du mariage, et sans paroître vouloir profiler de la liberté défaire divorce, malgré la défense expresse de Jésus-Christ.

16. Que l'état religieux, dans lequel on s'engage par vœux à k profession publique des conseils évangëli(|ues, a toujours été reeoQunandé dans l'Église, comme un genre de vie conforme à k doctrine des Apôtres.

Ceux cpii ont eu le malheur de donner dans le schisme, ne smt susceptibles de la grâce de la réconciliation, qu'autant qu'ils adhèrent d'esprit et de cœur, aux articles ci-dessus, qu'ils sont fermement résolus d'en faire toujoui-s profession, et qu'ils ont un sincère repentir de tout ce qu'ils ont dit ou fait de contraire à ces wités.

Et par ce que, dans les derniers temps, on s'est efforcé de iqiandre une multitude d'eireurs, (jui sappent les premiers fondonens de la Religion, de la puissance légitime et de l'ordre »cial, qu'on en est venu jusqu'à entreprendre, tantôt de rétablir ks absurdités du Paganisme, tantôt de faire dispai-oitre, s'il eût élë possible, l'idée de Dieu, celle d'une vie future, et de l'immortalité de Tàme, et d'étouder dans les cœui*s tout sentiment de fidélité, de Justice et d'humanité ; pour réparer tant de scandales, et détruire les funestes impressions qu'ils auroient pu laisser, les Ministres chargés du soin des ariies, s'appliquei'ont avec plus de iSfi que jamais à bien faire sentir et goûter l'excellence de cette doctrine de l'Evangile; Rendez donc à Cescn^ ce qui appartient à

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César, et à Dieu ce qui est à Dieu, (i) faites donc aux homm^ tout ce que vous désirez qu'ils vous fassent (2).

Mais en même temps qu'ils ne négligeront rien pour faire connoitre toute l'étendue des devoirs, ils useront de beaucoup de circonspection dans la manière de les enseigner ; cl éYilant soigneusement toute démarche capable de compromettre les intérêts de la Religion, ils se borneront à dire en secret les vérités que le malheur des circonstances ne permet pas encore d'annoncer publiquement.

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