‹ L'église du Mans durant la RévolutionChapitre 47 sur 104 · II. Du Baptême · texte numérisé non relu

II. Du Baptême

1 . S'il se trouvoit dans les fonts baptismaux de l'eau^ dont la bénédiction eût été faite par les intrus, il faudroit la faire égouter dans la piscine, et la rcnouveller, en se servant, à cet eflet, de la formule insérée dans le Rituel, pour la bénédiction de l'eau du Baptême hors le temps paschal.

2. Les restes de l'huile des Catéchumènes, du saint chrême, et de l'huile des infirmes, qui se trouveroient dans les vases destinés à les conserver, seront brûlées, et il ne pourra en être fait aucun usage dans l'administration des Sacremens de Baptême et d'Eitrême-onction.

3. Le Baptême administré par les intrus ou autres prêtres qm ont adhéré au schisme, doit être présumé bon, s'il n'apparoit du contraire; attendu qu'il est notoire, que parmi les erreurs dans lesquelles les uns et les autres ont donné, aucune n'avoit pour but d'altérer ni la matière, ni la forme du sacrement de la regénération.

4. Que s'il venoit à s'élever des doutes sur la validité de quelques baptêmes conférés par des intrus, ou autres Prêtres adhérens au schisme, doutes résultans de la crainte motivée, qu'il ne se fût glissé des défauts essentiels dans l'administration du Sacrement, ces cas particuliei's devroicnt être examinés avec tout le soin que demande l'importance de l'objet, et décidés conformément à cette règle du droit. Non intelligitur iteratum, quod nesd' tWy vel ambigitur esse factura. Cap. de Presbytero non Baptis.

5. Il ne peut y avoir lieu de suppléer les cérémonies aux enfans

(1) Reddite ergo quse siint Cœsaris, Cœsari; et quee sunt Dei, Deo^ Matth. XXII. 21.

(2) Omaia ergo quœciiinque vuUis ut faciant vobis homines, e& vos facile illis. Matth. vu. 12

ta{tis^ solennellement par les intrus, ou autres Prôti'es adhélens au schisme; attendu que ceux-ci ayant conféré le Baptême aokonel, ont dès lors employé les Cérémonies.

6. Mais il faudra suppléer les cérémonies aux enfans qui aurait ëé seulement ondoyés, soit pai* des Prêtres catholiques, soit pff des intrus ou autres Prêtres adhérens au schisme, soit pai' éeilaîés : en observant que, lorsqu'ils auront été ondoyés par des kkSyil sera de plus nécessaire de s'informer avec soin de la nanière dont la matière aura été appliquée, et la forme pro- BODcée; et de se conformer exactement à ce qui est prescrit par le Rituel, pour le cas où on présente à l'Église des enfans ondoyés lia maison.

î. Il sera spécialement nécessaire de s'informer, et tâcher de fewmir, s'il ne se trouve point d'enfans qui n'ayent pas reçu fc baptême, afin de leur procurer, le plutôt possible, le bienfait de la régénération; et, dans le cas où quelques enfans non encore ^tisés, seroient déjà parvenus à un àye qui les rendît suscepti- Htt d'instruction, il faudroit faire précéder l'administration du ■crenjent d'une instruction proportionnée à leur âge.

S. Les Ministres chargés du soin des âmes s'appliqueront à taiirdansla meilleiu^ forme, que les circonstances pourmnt per- B^ettre, les Registres des Baptêmes et supplémcns de cérémonies.

IIL De V instruction des Enfans,

i* Les Ministres chargés du soin des âmes, mettront tout en •iwrcpour procurer aux enfans une instruction catholique, afin fcaippléer à ce qu'ils ne poun*ont faire par eux-mêmes : ils exci- ^BOQtjà cet égard, le zèle des parens; et tâcheront de trouver, ^chaque canton, des pei'sonnes pieuses, qui se chargeront de **tic bonne œuvre.

î- Ils devront faire une attention [Kirticulière aux enfans qui

•wHent été admis^ par les intrus, à la première communion ; les

oaminer avec soin, étant à craindre qu'on ne leur ait enseigné

deserTeurs;dans ce cas, les détromper; perfectionner leiu* ins-

frtidion, comme aussi réparer le défaut de leurs confessions

Attendues sans pouvoir, avant de les admettre de nouveau à la

Jttticipation des saints mystères. Ces Enfans doivent être assimi-

is à ceux qui n'ont pas encore fait leiu* première Communion.

3. n faut dire la même chose des Enfans, à qui l'Évêquc intrus

luroit conféré le sacrement de confirmation : mais il sera de plus

nécessaire d'avertir ceux-ci, et leurs parens^ qu'ils ne peuvent plus se présenter pour recevoir ce sacrement.

4. Quant à ce qui concerne les écoles publiques^ si on n'avoit à leur reprocher que l'omission des pratiques religieuses, et de l'enseignement de la Religion, les pare ns pourroient y envoyer leurs enfans, pourvu qu'ils suppléassent, d'ailleurs, à ce qui y manqueroit, en faisant remplir auxdits enfans les devoirs religieux, et leur donnant, ou procurant l'instniction religieuse. Mais s'il se passoit dans ces écoles des choses contraires à l'honneur de Dieu? si on enseignoit l'erreur, si on y mettoit entre les mains des enfans, des écrits dangereux, capables de gâter leur esprit, et de con'omprc leur coeur; en un mot, si leur foi et leurs mœurs y étoient en péril ; il est hors de doute que les Parens ne pourroient les y envoyer.

IV. De la Célébration des saints Mystères, et de VAdminisircUion

de VEuckaristie,

\, Si on a la faculté de se servir d'ime Église pour les exercices de la religion, il faudi'a examiner si on n'aim)it point abusé de cette Église, jusqu'à en faire le temple de la liaison, ou s'il ne s'y seroit point passé des faits qui, selon les dispositions du droit canonique (1) en auroient produit la profanation; dans ce cas, avant d'y célébrer les saints mystères il sera préalablement indispensable de la réconcilier, en observant dans l'intérieur seulement, les cérémonies prescrites pour la réconciliation des Églises. Hors de ces cas, au contraire, la réconciliation de l'Église ne devra point avoir lieu, quand même des intrus y auroient célébré les saints mystères, parce que cette célébration ne souille point. Il faudra seulement, avant d'y remplir aucune autre fonction sainte, y bénir l'eau, et en faire l'aspersion tout au tour dans l'intérieur, en récitant les Prières marquées dans le Messel, poiu* l'aspersion de l'eau.

2. Si on n'a point la faculté de se servir d'une Église, mais qu'on trouve un autre emplacement convenable, qui puisse en tenir lieu, avant d'y commencer l'exercice du culte catholique, il faudra en faire la bénédiction, en se servant de la formule insérée dans le Uitucl, pom* la bénédiction des chapelles.

(1) Violalur Ecclesia, itaut rcconciliatioDe indigeat, bomicidio volontario io ipsa perpetrato, item et eodem modo, volontarià huma- Di saDguiois et seminis cffusione, Dec dod infidelis, vel excomunicuti gepultura.

3. Dans le cas où l'une et l'autre de ces ressources manqueroient, on pourra célébrer les saints mystères dans des maisons particulières.

é. S'il se trouvoit dans les ciboires ou custodes des hosties consacrées par les intrus, il faudroit les consommer, à moins qu'on n'eût lieu de craindre, qu'elles ne fussent altérées; auquel cas, il faudroit observer ce qui est prescrit par les Rubriques du Missel : de defeciihus circa Missam occureniibus. § X. N° 7.

5. Les saints Mystères ne pourront être célébrés sur des autels portatifs consacrés par des Êvêques intrus : ces autels, s'il s'en trouve, doivent être brisés; et, à raison de la consécration qu'Us ont reçue, les fragmens doivent être enfouis dans un lieu décent.

6. On ne peut de même célébrer les saints mystères, sans autel portatif, ou pierre consacrée à cet effet.

7. On peut se servir de Calices et Patènes d'étain : mais il est absolument nécessaire, que ces vases soient consacrés.

8. On pourra célébrer la Messe sans soutane; mais il sera indispensable d'être révêtu de tous les ornemens prescrits par les Rubriques.

9. On ne peut point laisser chez un pieux fidèle une hostie consacrée pour satisfaire sa dévotion. Les seuls endroits, où l'on puisse conserver le très-saint Sacrement, pour la communion des malades sont l'Église si on en a l'usage ; à défaut d'Église, la Chapelle que les fidèles se seront procurée ; et dans les lieux, où on n'auroit ni l'une ni l'autre de ces ressources, une seule maison particulière en laquelle se célébreroient les saints mystères, et celle de la résidence ordinaire du Prêtre.

iO. On se confoi-mera autant qu'il sera possible, à ce que prescrivent les règles de l'Église, concernant les heures de la célébration des saints mystères : on ne se permettra d'anticipation ou de retard, que dans le cas d'une véritable nécessité.

li. Le saint Viatique et r Extrême-onction seront portés secrètement, et sans cérémonie; mais les Prêtres qui rempliront cette fonction, tâcheront d'avoir du moins une étole pour s'en servir pendant l'administration, en laquelle ils observeront exactement tout ce qui est prescrit par le Rituel.

12. Avant d'administrer le saint Viatique et l'Etrême-onction aux malades qui seroient notoirement connus, dans le lieu où ils les demanderoicnt , pour avoir donné des scandales publics qu'ils n'auroient pas encore réparés, on exigera d'eux

la réparation de ces scandales en présence de témoins (i). 13. Si quelqu'un se présentoit à la sainte table, étant notoirement connu comme coupable d'excès énormes, sans avoir préalablement donné aucune marque publique de repentir, de nianièi^ que la démarche qu'il feroit de se présenter à la sainte table, seroitun nouveau Scandale ajouté aux précédens, il faudroU suivre la règle généralement adoptée dans les Rituels et les Statuts Synodaux, lui réfuser la Communion (â).

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