LE 28 VENTOSE, AN II, POUR PROVOQUER LA CONDAMNATION DE JEAN GUIBAUT
«Je ne vous rappellerai point, citoyens, les maux que les prêtres ont faits à la France ; avant la guerre de la Vendée, la majeure partie des citoyens qui composaient la République naissante étaient aveuglés par le chaiiatanisme de ces êtres. Il a fallu les preuves de leur férocité et de lem-s forfaits pour leur ouvrir les yeux, et ces preuves sont venues. Oui, citoyens, nous connaissons et nous devons connaître combien ces hommes ennemis du genre humain, sont dangereux dans la société et surtout dans un gouvernement républicain, où il ne doit y avoir d'autre culte que la vertu et d'autre morale que la bienfaisance.
«Hé bien ! citoyens, c'est à vous d'examiner si Guibaut, accusé, n'est pas capable d'empêcher l'existence de ce gouvernement calqué sur les bases de la raison et de la natm'e ; c'est à vous d'examiner si la conduite qu'il a tenue depuis la Révolution est d'un bon citoyen, c'est à vous d'examiner les individus chez qui il babitoit ; c'est à vous d'examiner quels étaient ses intentions et ses projets en y restant. C'est enfin à vous d'examiner s'il n'était pas capable d'entretenir une correspendance criminelle avec les lâches Toulonnais qui n'avaient pas rougi de se rendre aux satellites des despotes. Chargés du soin de venger les droits du peuple qui vous a donné sa confiance, vous devez prêter l'attention la plus scrupuleuse dans l'examen de cette aftaire. Je vais donc consulter vos opinions : ne perdez pas de vue que l'accusé avait choisi pour asillc celui de trois dévotes qui sont par principes les ennemies jurées de la Révolution; que les uns et les autres savaient si bien être en contravention aux lois de notre gouvernement que Guibaut ne se montrait jamais ou tout au plus la