f LA SÉDITION d'aNTIOCHE
vers ritalie, vint attestor que les bons rapports étaient rétcblis entre l'héritier légitime et l'usurpateur de l'Occident.
Le ton de cet envoyé était empreint d'une certaine liai teur. Il n'entrait en aucune explication sur le meurtre de Gratien, oflfrait l'alliance de son maître contre les ennemis communs du nom romain, et, en cas de ref is, faisait entendre de vagues menaces. Avec ce bon sers perspicace qui était sa qualité principale, Théodose 3ur:qa, non sans raison, que sous ces fanfaronnades se cachait plus de peur que de colère, et prit le sage parti de ne s'en point offenser. Après tout, il n'avait pas de mctif pour se montrer plus délicat qu'une mère sur l'honneur et les droits de son fds. L'insurrection de Gaule ne faisait que hâter le moment oià l'empire aurait, en tout cas, dû compter trois maîtres au lieu de deux : Maxime prenait seulement la part que Gratien, à la mf jorité de son frère, se serait probablement réservée à lui-même. Aucun changement immédiat ne résultait donc, surtout pour le souverain de l'Orient, de cette sinple substitution de personnes. ,
Après avoir pesé toutes ces considérations, Théo-, dose se décida à ratifier, au moins par son silence, les| conditions acceptées à Milan. Il fit placer l'image de Maxime à côté de la sienne, et consentit même qu'elle fût surmontée de la couronne d'Auguste. Mais, cela fait, il ne contremanda point ses préparatifs et resta prêt à marcher vers l'Occident au premier signal. Il
sentait que son concours pouvait être réclamé à tout instant pour conjurer les périls où allait s'engager par ses faules une femme passionnée, gouvernant au nom (l'un enfant *. .
En attendant, il avait fort à faire en Orient, et pourf iiivait sans relâche sa double entreprise : la complète libération du territoire et la complète pacification de l'Église. Des deux tâches, la première était loin d être la plus ardue, et l'année 383 venait môme de couronner sur ce point ses efforts par un succès à peu près complet. Les dernières tribus des Goths, erraiilcs encore dans les plaines de Thrace, se voyant enfei niées de toutes parts dans un coin de la piovince où elles ne pouvaient plus trouver leur subsistance parce que elles-mêmes avaient épuisé le sol par leurs ravages, se décidèrent à entrer en pourparlers, ou plutôt à demander grâce. Le consul Saturnin, chargé d'entendre leurs députés, convint avec eux d'un arrangement. On leur donna quelques terres désignées dans la portion la plus dépeuplée de la Mœsie, à charge par ces barbaras de les cultiver, mais avec exemption d'impôt s'ils étaient
fxacts à remplir la condition. Un assez grand nombre e lit incorporer dans l'armée romaine, et pour un ■ moment toute trace des troubles matériels de l'empire eut disparu ^