‹ L'Église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 2)Chapitre 20 sur 135 · Thém., Or. xvi, p. 204; xviii, p. 2'2i. — Zos., iv · texte numérisé non relu

Thém., Or. xvi, p. 204; xviii, p. 2'2i. — Zos., iv

2. Nous passons sous silence, faute de renseignements certains, deux expéditions contre les Thraces dans les années suivantes, rappor-

86 LA SÉDITION d'aNTIOCHE

Il n'élait pas si aisé d'en finir avec son trouble morai. On a vu combien l'autorité du dernier concile avait été compromise par la conduite incohérente de ses membres. Sa sentence n'avait donc rien apaisé, et cliacun continuait à se donner carrière, tant les Macédoniens, persévérant dans leurs réserves sur la divinité du Saint-Esprit, que les Ariens politiques, exaspérés de leurs disgrâces, et même les Eunomiens, dont le chef avait timidement reparu à Constantinople. Dans la foule, indifférente aux partis, les discussions théologiques étaient toujours de mode; c^était l'aliment des conversations du beau monde comme du peuple, dans les [)alais comme dans les carrefours. ^ Offrez-vous une pièce d'argent à changer, dit un auteur contemporain, on vous répond que le Père diffère du Fils en ce qu'il n'a point été engendré. Demandez-vous du pain, on vous assure que le Père est plus grand que le Fds. "Vous informez-vous si votre bain est assez chaud, vous devez vous contenter de savoir que le Fils a été tiré du néant. » Dans la seconde ville de l'Orient, à Antioche, c'était pis encore. Là, les deux évêques, Flavien, intronisé par le concile, et le vieux Paulin, toujours mant et animé, se faisaient face entre deux armées de fidèles irrités, qui souvent en venaient aux mains. Enfin, dans le reste de l'Asie, les sectateurs ardents du

tées par Zosime avec des détails si in^Taisemblables et tellement empreints de sa passion malveillante contre Théodose, qu'il est impossible d'y avoir la moindre confiance (,Zos., iv, 38, 40).

petit schisme d'Apollinaire entretenaient des ferments d'initation \

Désolé d'avoir fait si peu de progrès vers celle unité qu'il désiTaitsi ardemment, ïhéodose cherchait en vain iJans son esprit une manière de mener à fin son plan favori de conciliation. Il avait beau méditer, il n'avait jamais que le choix entre deux |)artis : c'était, ou d'intervenir lui-même par la force pour imposer son opinion sur les points contestés, ou d'aboucher une dernière fois les évoques les uns avec les autres, dans l'espoir qu'ils finiraient par se mettre d'accord. Le premier mode lui répugnait, comme une ingérence trop marquée dans les affaires ecclésiastiques ; le second , tant de fois employé, n'offrait guère de chances de succès. Ce fut pourtant à cet expédient usé qu'en désespoir de cause il résolut encore d'avoir recours. Dans le courant de l'été de 383 il invita de nouveau les évê- ■ques d'Orient à se rendre à Constantinople , pour reprendre, une fois de plus, l'interminable discussion des textes et des dogmes.

Ce fut aussitôt une terreur générale. Tous les gens de bien frémirent à la pensée de voir recommencer le scandale des séances orageuses, des intrigues, des disputes de primauté entre évoques. Les meilleurs prélats, ceux qui fuyaient les cours et aimaient à résider au milieu du troupeau confié à leurs soins,

Page 1