‹ L'Église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 2)Chapitre 49 sur 135 · Suljj. fccv., Diul. ui · texte numérisé non relu

Suljj. fccv., Diul. ui

son cœur que la paix de Jésus-Christ. L'officier, qui ne connaissait que son mot d'ordre, le laissa passer. Il entra de nuit et se rendit tout droit à l'église pour s'y mettre en prières, évitant de se rencontrer avec ses confrères et de leur adresser la parole. Ce ne fut que le lendemain qu'il alla trouver Maxime au palais.

Leur entrevue donna lieu à une scène des plus curieuses. Les deux interlocuteurs, au fond ulcérés l'un contre l'autre, usèrent pourtant de grands ménagements. Maxime était engagé avec les évêques espagnols, qui tenaient garnison au palais et ne lui permettaient pas de reculer. Mais il ne lui convenait pourtant nullement de se trouver en querelle ouverte avec le plus aimé des évêques, pour une affaire où il n'avait cherché que la renommée de bon catholique. Martin, de son côté, justement blessé d'avoir été pris pour dupe, ne voulait pas perdre tout moyen de sauver celles des victimes dont la sentence était encore en suspens. Il y eut donc, entre le souverain et le saint, une négociation en règle et comme un assaut de diplomatie, Martin se borna, sans récrimination, à demander la grâce de deux condamnés retenus prisonniers à Trêves même, et qui n'étaient pas exécutés, et le contre-ordre de la mission d'Espagne qui menaçait d'étendre à une contrée tout entière ces horribles sévérités. Maxime, sans s'expliquer ouvertement, laissa espérer la concession, à la condition que Martin rati-

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fierait ouvertement les faits déjà consonimés, et passerait répoiige sur le passé en donnant la main dans l'église même aux évêqnes qui avaient i)iis part au procès. « Que vous importe, disait-il, et de quoi vous plaignez-vous? Je prends tout sur moi; c'est ici un jugement séculier et nullement ecclésiasiique. » La discussion se prolongea ainsi plusieurs jours, au gjand etïroi des prélats incriminés, qui sentaient grossir contre eux l'indignation populaire. Enfin, une nuit, on vint éveiller Martin pour lui annoncer que celte fois les ordres étaient donnés, et que, dès le lendemain, à /';uil)o du jour, les condamnés seraient exécutés et les k':;ais expédiés. Tout en larmes, le saint se précipita chez l'empereur et lui promit, dans un instant de généra u\ entraînenieiit, qu'il communierait avec qui on voudrait, pourvu que le sang ne fût pas de nouveau vcisé. L'empereur, qui au fond n'en demandait pas davantage et s'estimait heureux de sortir à tout prix de l'embarras où il s'était rais, se fit un peu priei-, puis se laissa fléchir, et signa la grâce en même temps que le retrait de l'ordre de départ donné aux légats *.

1. Sulp. Sev., ibid. Il semblerait, d'apiès ce texte, que les deux condamnés dont Martin obtint la grâce étaient en outre accusés d'être vestes attachés à Gratien après sa défaite. Mais ce grief, (\m pouvait contribuer à irriter Maxime couire l'Ux, ne pouvait être l'unique motif de leur condamnation. Le temps écoulé depuis la mort de Gratien jus- <[u'au procès des Priscillianistes ne permet pas cette supposition. 1! est clair, quoique le texte ne le dise pas positivement, qu'ils étaient «ompromis dans l'affaire pendante, sans quoi leur sort n'eût pu dopcnùre de la résolution de Martin.

Le lendemain, en effet, à la place de l'exécution annoiu'i'e, on procéda à nne cérémonie d'un tout autre ordre. Ce fut l'ordination de l'évêque nouvellement élu pour le siège de Trêves. Tous les prélats de cour y t\ssistèrent, et Martin au milieu d'eux, mais triste, confus, et dissimulant mal son dégoût. L'ordination faite, on lui présenta le procès-verbal à signer. Il s'y refusa, et le jour même il (piilta la ville, fuyant, pour n'y jamais rentrer , cette atmosphère pestilentielle des cours, où le bien même doit souvent être acheté au piix de la dignité du caractère et de la pureté de la conscience. Il s'enfonça dans la sombre forêt qui avoisinait la cité. 11 marchait la tête basse, à pas lents, laissant passer devant lui tous ses compagnons de route, qui l'entendaient pousser de profonds soupirs. Son âme était bourrelée de remords. Avait-il bien fait d'absoudre les crimes déjà commis, pour arrêter de nouveaux forfaits, et de tendre la main aux meurtriers pour leur arracher leurs dernières victimes? Comme il se posait pour la centième fois cette question pleine d'angoisse, son biographe raconte qu'un ange se présenta devant lui et lui tint ce langage : « Tu fais bien de t'afiliger, Martin, mais tu n'as pu te tirer d'affaire autrement. Reprends courage et ne te laisse pas abattre, de peur de mettre en péril, non ta gloire seulement, mais ton salut. » Encouragé, mais non tout à fait rassuré par ces paroles (effectivement un peu obscures), le saint reprit la roule de son diocèse, dont

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il ne devait plus sortir, et depuis ce jour il remarqua, disait-il, une diminution de grâce en lui qui affaiblissait l'action de ses prières. Il se sentait comme poursuivi par l'odeur du sang. Admirable combat d'un cœur tendre et d'une conscience délicate! C'était pour défendre des ennemis de sa foi que Martin avait bravé ïa colère du prince ; et c'était encore d'avoir mis trop d'empressement à les sauver qu'il s'accusait devant Dieu! Qu'ils sont rares, dans l'histoire de la conscience humaine, ceux qui ont trouvé l'occasion de commettre de telles fautes! Heureux ceux qui ont engagé de telles luttes, au risque de succomber à de telles faiblesses * !

Le palais de Trêves retentissait encore de ces scènes émouvantes, lorsque le plénipotentiaire de Yalentinien fit son entiée dans la ville. C'eût été assurément pour Ambroise un excellent moyen de se mettre en grâce et de faire bien venir sa mission, que de prendre sur-le-champ parti pour les évêques accusés de s'être souillés du sang humain. Opposer l'autorité du grand évèque de Milan à celle du saint évêque de Tours, aucune flatterie n'uùt pu être plus agréable au souverain. L'exécution de PriscilHen d'ailleurs, bien que violente, rentrait, en apparence du moins, dans les principes de gouvernement dont Ambroise faisait

1. Sulp. Sev., ibid. Astitit ei repente angélus. Merito, inquit, Martine, compungeris, sed aliter nequisti exire. Repara virtutem, résume constantiam, ne jam periculum glorise, sed salutis, incurras.

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profession, et qu'il avait inspirés à ses royaux élèves. Ce n'était qu'une application extrême et rigoureuse de l'union recommandée par lui entre les autorités séculière et spirituelle. Malgré tant de motifs de prudence DU d'inclination personnelle, qui auraient pu le faire pencher dans le sens de Maxime, la conscience du ferme politique s'arrêta juste au même point que celle de l'ardent missionnaire. Deux choses lui parurent également inadmissibles : le supplice capital, et la participation directe d'un ministre de Dieu dans une instruction criminelle. « Tous ces prêtres, dit-il, les uns qui sollicitent, les autres qui approuvent l'effusion du sang, ressemblent exactement aux Pharisiens qui poursuivaient la femme adultère. Ils disent, comme eux, que puisque les criminels doivent être punis par les lois publiques, tous, même les prêtres, ont droit de les dénoncer. C'est le même argument; et encore ceux-là ne demandaient la tête que d'une seule femme: ceux-ci veulent plusieurs victimes. Jésus-Christ n'a pas voulu qu'une seule femme pérît : eux ne trouvent point qu'il y ait encore assez d'hommes immolés ^ a Parler ainsi des évêques de la cour, c'était d'avance se mettre en dehors de leur communion, et en même

1. s. Amb., Ep. XXVI. p. 894. Quid aliud isti dicunt quamdicebant Judaei, reos criminum legibus esse publiée puniendos, et ideo accusari ctiam à sacerdotibus in publicis judiciis quos asserunt seciindum leges oportuisse puniri? Eadem causa est, sed numerus minor... Unnia Cliristus punire ex lege non passas est, isti niinorem numeruin asseruut esse punitum.

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lomps de celle du souveriiin qui ne recevait que de leurs mains les secours de l'Église. Ambroise, qui n'ignorait apparemment pas celte conséquence, ne parut pas s'en émouvoir. 11 y trouvait même probablement un avantage. Soupçonné, comme l'était Maxime, d'avoir concouru à la fin sanglante de Gratien, Ambroise éprouvait par ce fait seul une violente répugnance à communier avec lui. Mais il n'eût pourtant pas pu laisser voir cette impression, sans faire à l'empereur une injure qui eût compromis, dès l'entrée, le succès de son ambassade. 11 trouvait dans la situation des évêques accusés de meurtre un prétexte de réserve qui n'était pas une offense directe pour le souverain*.

1. Presque tous les historiens de la vie d' Ambroise rapportent, d'après son ancien biographe Paulin, qu'à peine arrivé à Trêves, il déclara hautement à Maxime ne pas vouloir communier avec Ini, en raison du meurtre de Giatien, auquel ce prince était convaincu d'avoir pris part. Plusieurs motifs nous paraissent rendre ce récit inadmissible. En premier lieu, Ma^time, bien que soupçonné d'avoir commandé le meurtre de Gratien, était pourtant resté éioigné du lieu où le crime avait été commis, et ri<'n ne prouve qu'il eût été convaincu d'y avoir pris part. Rien ne commandait donc à Ajnhroise une attitude doni l'effet immédiat eût été de lui faire fermer l'entrée de la cour. Si Ambroise eût jugé que sa conscience l'obligeait à traiter pul)liquemont Maxime de meurtrier, il n'eût certainement pas accepté une anibassade que cet acte seul eût condamnée d"avance à un échec certain. En second lieu, nous ne trouvons aucune trace de la conduite prêtée à Ambroise dans la lettre qu'il adressa à Valentinien pour lui rendre compte de sa mission. Il dit seulement qu'il s'abstenait de communiquer avec les évêques qui étaient en relation avec Maxime, et qui avaient demandé la mort des schismatiques. Or tous les évèques du pahiis étaient coupables, ou d'avoir pris part au supplice de Priscillien, ou de l'avoir toléré j)ar leur silence. Il n'y a donc là aucune allusion, ni directe ni indiiecte, au meurtre de Gratien. Nul doute cependant que l'abstention d'Am-

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Malgré celle précaution, sa conduite était suspecte et de nature à indisposer d'avance Maxime contre l'ambassadeur et sa mission. Aussi, à la première demande d'audience adressée par Ambroise, un chambellan vint-il lui répondre, avec une sécheresse affectée, qu'il eijt à se présenter au consistoire, comme le commun des pétitionnaires. C'était la même insolence que lors de la première ambassade, le même oubU des prérogatives d'un évêque et d'un envoyé.- Mais cette fois Ambroise n'arrivait pas en suppliant, au nom d'une mère et d'un enfant au désespoir : il était le ministre d'un souverain reconnu; il avait, en cette qualité, des lettres de créance à remettre. Et d'ailleurs il était convaincu qu'au point d'arrogance on en était venu Maxime, lui tenir tête hardiment et paraître ne pas le craindre était l'unique manière de le contenir. Il répondit donc avec hauteur : « Retournez dire à l'empereur que ce n'est point la coutume des évêques d'être confondus dans la foule, et que j'ai à lui parler en particulier de la part du prince. » Le chambellan rentra et revint bientôt, s'excusant de ne pouvoir indiquer un autre rendez-vous. « C'est contre toutes les règles, reprit Ambroise; mais soit. Puiscju'il s'agit d'une affaire qui se traite entre frères, la simplicitvj est à sa place*. »

uroise n'ait été remarquée et n'ait prêté à plusieurs interprétation'^, 4ont Tune aura donné lieu au récit de son biographe.

1. S. Amb., Ep. x\iv, p. 888. Dixi tamen : Alienum id quideni a

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11 entra donc, ei dès qu'on le vit paraître, il y eut un mouvement général dans l'assemblée : parmi les fonctionnaires qui composaient le conseil, chacun s'empressa de lui faire place : Maxime lui-même ne put se dispenser de se lever et de faire quelques pas en avant pour lui offrir le baiser de paix. Mais lui se reculant : « Pourquoi embrassez-vous, dit-il, un homme que vous ne connaissez pas? Si vous me connaissiez, je pense que ce n'est pas ici que vous me recevriez. » — « Évêque, reprit Maxime, vous êtes ému. » — « Oui, je le suis, et non sans sujet : je suis confus de me trouver à une place qui ne me convient pas. » — « Mais c'est ici que je vous ai vu à votre première ambassade. » — « Il est vrai, mais non par ma faute : c'est vous qui m'y avez appelé. » — « Et pourquoi n'avoir pas réclamé alors? » — « Parce qu'alors je venais demander la paix au nom d'un suppliant, et qu'aujourd'hui je viens traiter au nom d'un égal. » — a Et s'il est mon é«ial, à qui le doit-il? » interrompit Maxime avec une colère concentrée. — « Au Dieu tout-puissant, répondit Ambroise, qui a conservé à Valentinien le pouvoir qu'il lui avait donnée »

Cette réponse amenait tout de suite la discussion

nostro munere... sed gratam mihi humilitatem in tuo prsesertim frateniaî pietatis negotio.

1. Ibid. Quid osciilaris quem non agnoveris? Si enim agnovisses, non hoc loco videres. — Commotus es, inquit, Episcope. — Non, inquam, injuria, sed verecundia, quod alieno consiste loco.

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sur le point particulièremenl sensible à Maxime, car sa prélention était que Valentinien ne devait la couronne qu'à sa clémence et ne l'avait obtenue que par les promesses, depuis lors mal tenues, de la première anibassade. Il éclata donc sur-le-champ en récriminations violentes, et énuméra tous ses griefs : les invasions de barbares provoquées par les intrigues du comte Baulon, les désertions d'olTiciers qui passaient au service soit de Yalentinien, soit de Théodose, et il revenait toujours en terminant «ur ce fait, qu'après tout Yalentinien ne régnait que par sa grâce. « Quand vous êtes venu, dit-il à Ambroise, si vous n^ m'aviez retenu, qui aurait pu s'opposer à ma puissance? » — « Doucement, reprit Ambroise, ne vous fâchez pas là où il n'y a pas lieu à la colère : écoutez paisiblement ce que j'ai à répondre. Si je suis venu ici, c'est justement parce que je savais que vous vous plaigniez d'avoir été trompé par l'ambassade dont j'ai fait partie. S'il était vrai que j'eusse sauvé l'empereur orphelin, je m'en glorifierais; car nous autres évêques, à qui devonsnous notre protection plus qu'aux orphelins? 11 est écrit : Prenez soin de l'orphelin et défendez la veuve. Mais Valentinien ne me doit pas un tel bienfait. Comment donc aurais -je fait pour arrêter vos légions? avec quelles barrières, avec quels rochers, avec quelles troupes? Est-ce avec mon corps que je vous ai fermé les Alpes? Plût à Dieu que je l'eusse fait! je ne craindrais pas vos reproches. Mais mon-

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trez-rnoi les promesses que je vous ai faites pour vous tromper'. »

L'allière Justine eut sans doute souffert de ce langage qui la mettait ouvertement sous la tutelle de son ambassadeur et l'ombre jalouse du premier Valentinien en eût frémi; mars personne dans l'assistance ne parut s'en étonner, tant il semblait déjà simple qu'un évêque tïit lo patron d'un empereur! Ambroise reprit alors point par point tous les griefs énumérés par Maxime, et ne craignit pas, pour justifier son maître ou pluiôt son client, de prendre à son tour l'offensive. Si Bauton avait appelé les barbares à son aide, dit-il, c'est que l'armée de Maxime lui-même en était pleine, et que l'invasion du sol italique était à craindre : c'était aussi que Maxime, occupé à préparer ses propres troupes pour la guerre civile, négligeait la défense des provinces limitrophes et laissait violer les frontières dont il avait la garde. Les Jeuthonges avaient pénétré dans la Rliétie : où était le mal d'avoir appelé des Huns pour les combattre? Si les officiers autrefois au service de Gratien quittaient la cour de son successeur, à qui la faute, si ce n'est à ce successeur lui-même qui les frappait de sa disgrâce et quelquefois même les envoyait à » la mort?

Ces points ainsi éclaircis par une discussion som-

1. Ibid. Gloriosum milii est hoc et pro sainte pupilli imperatoris. Quos enim episcopi tueri magis debemus quam pupillos? Scriptum est : Judicate pupillo et justificate viduam.

maire, il en vint à sa propre demande, la remise du corps de Gratien. Là-dessus Maxime, qui déjà s'agitait impatiemment sur son siège, se récria vivement : « Une telle cérémonie, dit-il, troublerait le repos public en évoquant des souvenirs fâcheux qui renouvelleraient les regrets des soldats. » — « Quoi! dit Ambroise, ceux qui ont abandonné leur maître vivant, mort, se lèveraient pour le défendre? Comment voulez -vous qu'on croie que ce n'est pas vous qui l'avez fait tuer, si vous refusez de l'ensevelir? Diriez-vous qu'il était votre ennemi, et qu'il vous était permis de vous en délivrer? Ce n'est pas lui qui était votre ennemi : c'est vous qui étiez le sien. Si quelqu'un vous disputait l'empire, diriez-vous qu'il poursuit en vous un ennemi? L'usurpateur est l'assaillant : l'empereur ne fait que défendre son droite »

Évidemment, par un pareil langage, Ambroise ne cherchait qu'à intimider et renonçait à plaire. Aussi ne dut-il point être surpris que Maxime levât brusquement l'audience, en disant qu'il réfléchirait. 11 dut l'être tout aussi peu lorsque le lendemain on lui envoya l'ordre de quitter la ville au plus tôt. L'empereur, lui ût-on dire, ne pouvait souffrir qu'il offensât les évêques de sa cour en leur refusant la communion. Aussi un

1. Il est difficile, dans ce passage de la lettre d'Ambroise, de voir s'il accuse directement Maxime d'avoir été complice du meurtre de Gratien, ou s'il se borne à une insinuation claire et déjà très-offensunto. Le texte se prête à ces deux interprétations.

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de ces prélats, le vieil llygin, coupable sans doute d'avoir été chercher Anibroise dans sa retraite, pour obtenir son pardon, reçut-il en même temps un ordre d'exil. Il était pauvre, âgé, presque mourant. Anibroise intercéda vivement auprès des officiers chargés de l'exécution de l'arrêt, afin qu'on lui donnât quelques vêtements chauds pour se couvrir et un coussin pour qu'il ne soulfrît pas trop des cahots de la route. Les officiers mirent Anibroise à la porte, en le priant de se mêler de ce qui le regardait. Il partit lui-même en plein jour, par la route ordinaire, bien qu'il eût reçu nombre d'avertissements de prendre garde aux embûches qui l'attenilaient en chemin.

Au fond il ne craignait rien, car il avait parfaitement pénétré deux choses : à savoir que Maxime était décidé à profiter de la première occasion pour se délivrer d'un voisinage redouté, mais qu'il craignait la lutte ouverte et voulait arriver à son but en douceur, par le concours el la bienveillance des catholiques. Dans un tel dessein, la présence d'Ambroise, intraitable comme il se montrait, était particulièrement incommode, et il fallait bien s'en délivrer à tout prix; mais toucher à un cheveu de sa tête eût été une faute qu'on se garderait bien de commettre.

Anibroise était donc en pleine sécurité pour sa personne. Il était parfaitement sûr, en faisant peur à Maxime, d'avoir pris le vrai moyen de l'arrêter. Sa seule inquiétude était que les conseillers malveillants

OQ pesOlamoKS, lioiit il arait b e^oaré, ne eoaprîsBeiit pas ov .

dnie en son sdeenee, et qu'on raecnsâl «TaToir eoremmé la querelle qa*n élaîl ciiar^ d'apaiser. Dans eelfe crainte, qui n'était qœ trop fiMdée, il éerirft de fane de ses presîèrec étapes m récft détaillé de sasisaon, et radreasa à Teapoear loÎHBéae far ■■ eocrrier expédié en aTant. D Inî mdail wplt de tontes ses paroles et de tons ses notife : « JoSà Umt ee «pK f ai eût, dÉait-fl en tenrâanL Saèai nuinirninl, Empereor, et ne né^|^ aaone ptfeiution contre nn homme qni Tent coorrir la ^neiie du mantean de la paix^. y

Cette prkantÎDn, bien qne prise à temps, ne fid pcoortant pas snifeanle. Dn moment qnH firt connn à Wian qn'Jjnbniise retenait sans ardr oètenn Toby^i de sa mission et ^rès on éeh»ge de propos anans avec le tyran, ses ennemê ne manqm'wnl pas de fy^ que e'étmt bien là le léadtat de eetie bnmmi ailiers qui iHii'mmiB lonies les <pesfi9ns poBiiqm" par nn esprtt de Êmalisme et dlniuléiance. Ansâ powqaot employer nn érèfoe? Un homae de eonr et d'aCans. dont c'était le métier, anait s« mener la né^odalisa à in et érUer ime mpCnre. Jnsfine ne drimndiil pas nienx qne de prêter foreiie à Ions les prapaiL fô Inî

L MimL^ f. m. Bec <bk fsg-wvâiw iK^OÊmmm bbc Taie, iafesatar^ et esBB sasâsr iJwi imrr fcaaûBSK fBOB wsvêoks!* ig^sat ^ssss^

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