‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 3)Chapitre 100 sur 297 · S. Greg. Naz., Or., xvi, passim · texte numérisé non relu

S. Greg. Naz., Or., xvi, passim

*. S. Greg. Naz., Or., xlhi, 1».

ne lui survivent que quand un rayon de la foi en a échauffé les germes. Avec des naturels différents, l'un plus austère, l'autre plus tendre, l'un plus réglé par les leçons de la science, l'autre plus entraîné par les élans de l'amour divin, c'était chez tous deux même ardeur dans la prière, même pureté de mœurs, même culte pour les pieux souvenirs du toit paternel ; et loin , bien loin après la ferveur des études chrétiennes, même enthousiasme pour les lettres, la poésie et l'éloquence. Basile gouvernait ses jeunes compagnons par la sagesse de ses conseils, Grégoire lesanimait par la chaleur communicative de sa parole; Basile contenait Grégoire, dans ses entraînements; Grégoire soutenait et ranimait l'âme plus sévère de Basile, attristée souvent par la corruption du siècle. «Ah! disait plus tard Grégoire, comment se rappeler ces jours sans verser des larmes? L'éloquence, la chose du monde qui excite le plus d'envie, nous enflammait d'une ardeur égale, et cependant nulle jalousie ne se glissait entre nous : un zèle commun nous excitait ; nous luttions, non à qui remporterait la palme, mais à qui la céderait à l'autre : car pour chacun la gloire de l'autre était la sienne propre. C'était une. seule âme qui avait deux corps. Et s'il ne faut point croire ceux qui disent que tout est dans tout, du moins faut-il convenir que nous étions l'un dans l'autre.;: Nous ne connaissions que deux chemins, le premier, et le plus aimé, qui nous menait vers l'église et vers ses

docteurs ; l'autre, moins élevé, qui nous conduisait à ni. 19

l*école et vers nos maîtres. Nous laissions à d'aulits les sentiers qui mènent aux fêtes, aux théâtres, aux spectacles et aux repas 1 . »

Dans cet asile, d'où émanait comme un parfum de sainteté, les bruits de l'école n'arrivaient pas. Les autres étudiants n'y pénétraient que rarement, avec embarras : car la réputation des jeunes gens était grande, et leur abord, bien qu'aimable, un peu imposant. Nul n'aurait osé les traiter familièrement, ni les provoquer par les plaisanteries et par les déûs ordinaires entre camarades 2. Julien pourtant, poussé par Tardenle curiosité qui l'animait, pénétra dans leur retraite. Il connaissait Basile

depuis quelques années déjà, car le jeune chrétien avait étudié d'abord à Constantinople sous Libanius. Julien vint plus d'une fois dans le logis commun des deux amis s'asseoir à leur table, s'entretenir avec eux des belleslettres, quelquefois expliquer les saintes Écritures, soit pour cacher, par une manœuvre adroite, les sentiments déjà trop apparents de son âme, soit peut-être qu'avant de rompre tout à fait avec la foi de son enfance il voulût jeter un dernier regard dans les profondeurs de l'Évangile. Les sujets communs de conversation ne manquaient pas, car Basile était un grammairien très-habile ; il pouvait disserter très-savamment d'histoire et de poésie: l'astronomie, la géométrie, l'arithmétique, la médecine même, lui étaient familières. Quelque agrément, sans

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