‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 3)Chapitre 115 sur 297 · s. Àtnan., ad Soi., p · texte numérisé non relu

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2. Soz., iv, 10. — On ne sait à qneUe époqne se place l'anecdote rapportée par cet historien.

si bon marché. Ils promirent donc toulc espèce de concours, et, pour commencer, des jeunes gens envoyés par eux firent invasion, peu de jours après, dans une église où le peuple était assemblé. Ils entrèrent armés de pierf es et de bâtons , chantant des vers obscènes , insultant les femmes , batlant les vieillards , brisèrent l'autel qui était de bois, déchirèrent les voiles de la tenture, et firent du tout un grand feu sur la place, qui s'étendait devant l'église. « Victoire ! s'écriaient-ils dans leur ivresse, Ariens et Grecs ne sont plus qu'un, et Constance va reconnaître nos mystères.» Ils amenèrent même dans l'église une génisse et se mettaient en devoir de la sacrifier, quand on fit remarquer que l'usage en vigueur dans le pays ne permettait de sacrifier que des mâles. Par l'effet de ces violences, les églises furent bientôt vides et prêtes à recevoir sans difficulté le successeur hérétique d'Athanase *.

Car c'était lù, en définitive, qu'on en devait venir, et l'on ne savait trop quel serait l'homme assez hardi pour recueillir l'héritage qui avait si mal profité, dix ans auparavant, entre les mains de Grégoire. L'épreuve tenta pourtant l'ambition d'un des compatriotes de l'usurpateur précédent, Georges, originaire comme lui de Cappadoce. C'était un homme de basse extraction, fils d'un foulon , dit Ammien-Marcellin *. Les écrivains ecclé-

!. S. Atban., lb., p. 848. — ÉXrfOv : iXXti* ffyovi KwvatavTtc;, xaî ci 2. Amm. Marc., xxu, il.

siastiques en font le plus odieux portrait. Il était, disentils, ignorant, larron, adonné aux plaisirs de la chair et surtout de la table. Ce dernier défaut lui avait coûté une place qu'il occupait avant d'être entré dans les ordres. Il exerçait les fonctions de receveur d'une des fermes du Trésor , celle qui fournissait des viandes salées pour la nourriture des soldats à Constantinople, et il avait été surpris détournant les fonds à son profit, pour subvenir aux frais de sa bonne chère : d'où lui était venu le surnom de Mangeur du Trésor. Les Ariens ne l'en avaient pas moins fait prêtre, quoiqu'il ne se mît point en peine de couvrir ses vices par le moindre vernis d'hypocrisie. Il annonçait, de plus, des instincts cruels. Ammien- Marcellin confirme cette peinture par deux mots plus sobres, mais d'une valeur extrême dans la bouche d'un païen : « C'était, dit- il, un homme qui oubliait que sa profession n'enseigne que la justice et la douceur. » Tel était le choix qui fut arrêté dans un petit concile de prélats ariens à Antioche. On le désigna à Constance qui se hâta de lui écrire en l'appelant le révérendissime Georges, mattre très-habile dans le chemin du ciel *.

Georges ne tarda pas à se mettre en campagne, et avant la fin du carême, c'est-à-dire dans les derniers jours

1. S. Athan., ad Sol., p. 844. — De Syn. Ar. et Sel., p. 912. — ApoL, p. 695. — Soz., m, 8; iv, 8. — Amm. Marc, xxu, il : Professionis suœ oblitus, quœ nihU niai justum et lene suadet. — S. Grég. Naz., Or. xxx, 16.

de mars (Pâques tombant cette année le 6 avril1) , il arrivait, accompagné d'un nouvel officier supérieur ; car Constance, avec sa mobilité et ses caprices accoutumés, changeait à tout instant ses agents, n'étant jamais ni satisfait du zèle, ni sûr de la fidélité d'aucun. Celui-ci, qui portait le nom de Sébastien , était un bel esprit qui avait étudié, pour être rhéteur, à l'école de Libanius, et qui avait embrassé la secte subtile des manichéens. Il joignait les prétentions d'un savant et les passions d'un sectaire à la brutalité d'un soldat. Apparaissant dans cette redoutable compagnie, Georges fut reçu au milieu d'un calme et d'une stupeur universels * La ville, pleine de soldats et environnée de troupes dont les postes se relevaient à tout instant, n'aurait osé bouger. « Voyez Alexandrie, disait un peu plus tard un contemporain, s'adressant à Constance lui-même : quelles guerres autour d'elle ! Ce ne sont à tout moment

que des expéditions militaires qui la font, trembler

On change les préfets et les généraux ; on soulève le peuple ; on fait marcher les légions : et tout cela pour qu'Athanase ne puisse pas prêcher Jésus-Christ3. »

Constance ne s'en applaudissait pas moins, avec ravissement, d'une soumission obtenue à si grands frais. Il ne craignait pas d'en féliciter les Alexandrins : « Votre

t. S. Athan., De fuga Apùl., p. 704.

t. S. Atkan., ad Soi., p. 850, 851. — Amm. Marc., xnif, a, et la mole de Valois sur ce passage.

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