‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 3)Chapitre 124 sur 297 · S. Àthan., ad Sol., p · texte numérisé non relu

S. Àthan., ad Sol., p

t. Le fait que S. Hilaire avait passé ses premières années dans le paganisme ressort, suivant nous, très-évidemment du récit qu'il fait Ini-méme de sa conversion au début du livre de la Trinité, et dont nous allons donner un extrait. L'éditeur bénédictin parait en douter cependant, sur le témoignage très-postérieur de Fortunat. Il est obligé de supposer que le début du livre de ta Trinité est une supposition faite à plaisir par S. Hilaire. Nous ne voyons rien qui autorise cette hypothèse. Voir sur ce point et sur les faits suivants rouvrage intitulé : IlUarius von Portier*, de Renkens, Scbaffouse, 186*.

là même le dévouement sans bornes qui devait remplir toute sa vie. Jeune encore, riche, heureusement marié, père d'une fille qu'il adorait, placé au premier rang de cotte noblesse des Gaules qui brillait par le savoir autant que par l'élégance et la politesse, il avait un joui scîiili s'élever du sein de sa conscience une redoutable question. Quel était le but de sa vie? Suffisait-il de la laisser couler doucement dans l'opulence tranquille qui l'environnait? Vivre pour jouir, n'était-ce pas vivre comme les bêles? N'était-ce pas vivre pour mourir? « Non, s'élail-il écrié, la vie ne peut nous être donnée seulement pour nous mener à la mort; et le doux sentiment de l'existence ne peut nous conduire uniquement à la crainte douloureuse de la perdre *. »

.h.-laul alors les yeux sur les systèmes des philosophes : « Je.lrouvai, dit-il, juste et sensée la sentence de ivux qui disent qu'il faut conserver sa conscience pure de tout crime, puis pourvoir aux difficultés de la vie, les éviter par la prudence ou les supporter patiemment; et cependant ceux-là même ne me semblaient point en dire assez pour qu'on put apprendre d'eux à vivre bien et heureusement. Leurs préceptes étaient ordinaires, conformes au sens commun de l'humanité. Les méeonnaitre, c'eût été se ravaler à l'état de la bêle; et les enfreindre après les avoir connus, c'eût été dépasser les brutes en stupidité. Mon âme avait soif de faire autre chose que ce

qu'il serait criminel de ne pas faire ; elle aspirait à con-

i. S. \\\l,de Trinitate, i, 2.

naître le Dieu de qui elle tenait le bien de la vie, pour s'y consacrer tout entière, pour s'ennoblir en le servant, pour appuyer en lui toute son espérance, et se reposer en lui, comme dans un port ami et sûr, contre les orages de l'existence. Voir, comprendre et connaître ce Dieu, ce fut'le désir qui l'enflamma1. »

Mais les dieux du paganisme, les dieux de tout Age, de toute espèce, les petits dieux, les grands dieux, les dieux représentés par des idoles et déshonorés par de ridicules symboles; tout cela eut bien vite lassé cette âme éprise du bien infini. Déjà il s'élevait jusqu'à la pensée d'un être tout-puissant et éternel, en qui il n'y aurait ni plus, ni moins, ni avant, ni après, lorsqu'il tomia, dit-il, sur les livres que la religion des Hébreux disait écrits par Moïse et par les prophètes. « J'entendis alors le Dieu créateur rendant témoignage de luimême, en ces mots : Je suis celui qui est, Dites aux enfants d'Israël : celui qui s'appelle Je suis m'a envoyé à vous. J'admirai cette parfaite définition de Dieu qui traduisait la notion incompréhensible de la nature divine, par l'expression la plus appropriée à l'humaine intelligence. Rien ne se conçoit, en effet, comme plus essentiel à Dieu, que l'être, parce que celui qui est par essence ne peut avoir ni fin, ni commencement, et que, dans la continuité d'une béatitude incorruptible, il n'a pu et ne pourra jamais ne pas être. »

De Tidée de Dieu, aperçue dans son existence infinie,

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