‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 3)Chapitre 13 sur 297 · S. Atlian., de Syn., p · texte numérisé non relu

S. Atlian., de Syn., p

ÀTIIAN'ASE A ROME.

Pendant qu'on perdait le temps à mettre ces subtilités dans un juste équilibre, Grégoire, parti (TAntioche sous bonne escorte, allait au but par des voies plus sûres et plus directes. II fit voile, accompagné de l'eunuque Arsace et du duc Balac, deux favoris de l'empereur Constance. Le préfet Philagre les avait devancés. Mais quelque diligence qu'ils fissent, et quoique le secret eût été bien gardé, ils ne trouvèrent point Alexandrie veuve desonévéque. Se méfiant des résolutions qui allaient sortir de la réunion d'Antioche, et ne voulant quitter son Église que devant la force, Athanase, sans balancer, était revenu à son poste dès les premiers jours du carême, et se mettait en devoir paisiblement tfe préparer les fêtes de Pâques. La nouvelle de la venue de Grégoire, annoncée par un édit du préfet, tomba au milieu des pieuses assemblées de ce temps de pénitence \

Ette fut reçue avec une surprise et une indignation universelles. De toutes parts des protestations tuiriul-

J. 5. Atfian., ad Sol., p. 815 et suiv.; ad Orth., p. 944 et suiv. — Nous rencoDtrons ici la suite de la difficulté chronologique exposée plus haut. La collection des lettres pascales d' Athanase contient une épître synodale de cette année 341, datée de Rome, ce qui semble contredire l'idée d'un retour du prélat à Alexandrie dans le carême de 341. D'un autre côté, lui-même, dans sa lettre encyclique aux évèques, que noua aUons citer plus has, ne laisse aucun doute qu'il était présent au moment de l'invasion de Grégoire. Tout pourra s'accorder, si l'on suppose que le retour d'Athanase eut lieu à l'improviste, quand il fut averti de ce qui se passait. à Antiocbe. Alors la lettre pascale aura pu être écrite de Rome, vers PÉpiphanic par exemple (époque où, encore aujourd'hui, on indique dans l'église la date de la Pàque ) ; et Athanase a pu revenir un ou deux mois après la lettre écrite , et arriver dans le courant du carême.

tueuses s'élevèrent, et assaillirent même le tribunal de l'autorité civile. Les églises, et principalement celle où Athanase célébrait l'office divin, ne désemplirent pas, plusieurs jours durant, des flots d'une population émue. Il était évident que l'entrée de l'évèque usurpateur ne se passerait pas sans violence. Pour adoucir le spectacle odieux d'un évèque intronisé par la force armée, le préfet se mit en devoir d'opposer une partie de la population à l'autre, se réservant d'intervenir lui-même en qualité de pacificateur et non de maître. Mais pour trouver des ennemis à Athanase dans les classes popu-

laires, il fallait les chercher dans les rangs des ennemis du christianisme. Chrétien fort douteux lui-même, attaché au paganisme au moins par ses regrets, Philagre ne répugna point à faire appel aux vieilles inimitiés païennes contre le héros de la croix victorieuse. Une recrue de gens de toute sorte, vachers, bergers, débauchés de bas étage, païens de cœur et de mœurs sinon de profession, telle fut l'armée à laquelle Philagre, après l'avoir secrètement pourvue d'épées et de massues, remit le soin de frayer au nouvel évèque l'accès de son église1.

De telles gens ne pouvaient manquer une si bonne occasion de se venger sur les ministres et même sur les symboles odieux du christianisme, d'une humiliation qui durait depuis vingt années. Avec quelque sévérité

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