‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 3)Chapitre 135 sur 297 · Soc. — Soi. — Théod. — Philost., /oc. cit · texte numérisé non relu

Soc. — Soi. — Théod. — Philost., /oc. cit

2. Soc, il, 40. — Soz., iv, Î5. - Theod., m, 25. — S. Êpiph. Hœr, nxiu, 27. — L'orthuduxie de S. Cyrille de Jérusalem, à cette première époque Je sa vie, est l'objet de grandes discussions. Elle a été fortement contestée par Rnfin (i, 23), et par S. Jérôme dans sa Chronique. Nous croyons qu'il est impossible de lui reprocher aucune erreur de doctrine. Mais il est certain qu'en fait il ne rompit qu'assez tard toute communion a* ce les semi- Ariens, espérant sans doute, comme S. Hilaire, les ïamener a une plus juste appréciation des d« gmcs, en ne les chicanant point sur des mots. Dans la stratégie des partis, telle que nous la décrivons en ce moment, Cyrille forme donc l'extrémité de l'aile droite du semi-Àrianismc louchant à l'orthodoxie, ou de l'aile gauche dd l'orthodoxie touchant au semi-Arianisme.

LA PERSÉCUTION ARIENNB.

y était consacrée. Dans une lettre circulaire 1 d'une longueur démesurée et d'un style un peu embrouillé, adressée à tous les évèques d'Asie Mineure, ils établirent longuement la parfaite similitude de la substance du Père et du Fils,avec desarguments qu'à l'éloquence près on croirait empruntés à saint Athanase. Après quoi, cependant, pour qu'on ne les accusât pas de démentir tout leur passé, ils conclurent en analhématisant aussi formellement le mot consubstantiet. Mais, malgré cette réserve, plus verbale au fond que réelle, la division de VArianisme était consommée: les deux fractions avaient désormais leurs symboles , leurs chefs , leurs mots d'ordre , leurs surnoms différents. On appela les uns

1. S. Êpipb. Hœr., lxxiii, 2-12. — Cette lettre, d'un style à la fois confus et diffas, atteste l'embarras de ses rédacteurs. Eu combattant les

Anomœens, ils craignent évidemment à tout moment de se servir des arguments allégués depuis si longtemps contre Arius par les orthodoxes. Toute la discussion des textes de l'Écriture est pourtant trèsvisiblement empruntée aux fameuses polémiques d'Atlianase; et, tout en lisant cette pièce, il est impossible de ne pas voir combien les semi-Ariens, dans ce mouvement en arrière, étaient rejetés, malgré qu'ils en eussent, du côté de la vraie foi. A certains moments, il est impossible de distinguer leur argumentation de celle des orthodoxes. S. Hilaire Ule Syn., p. 1157-1158). en traduisant les anathèmes • de la réunion d'Ancyre, passe les cinq premiers et le dernier, c'est-àdire celui qui anathematisc le Consubstantiet, ce qui a fait supposer à quelques écrivains qu'il n'avait pas été définitivement adopté. Muis cette hypothèse n'a rien de vraisemblable. S. Hilaire, en écrivant le livre des Synodes pour faciliter une conciliation entre les semi-Ariens et les orthodoxes, n'insiste jamais sur ce qui avait pu les diviser; et c'est à cette précaution seule qu'il faut attribuer son silence. Une lettre de S, Basile atteste que le Consubstantiet fut réellement anathématisé & Ancjrre, et cette précaution était nécessaire pour que les seml-Arien» ne fussent pas accusés auprès de l'empereur de se démentir.

semi-ariens; les autres reçurent du public le nom d'onomœens, du mot grec qui signifie dissemblable. Mais pour qui serait l'empereur? Ce fut la question qu'à peine l'acte de courage consommé, chacun des membres de la réunion se posa avec inquiétude.

Ce n'était pas tout, en effet, d'avoir protesté pour son honneur et sa conscience : il fallait aussi mettre sa personne en sûreté. Tout intimidés de leur audace, les prélats semi-ariens, Basile d'Ancyre en tête, se faisant accompagner d'un prêtre qui avait été chambellan , allèrent se jeter aux pieds de l'empereur pour lui expliquer pourquoi ils avaient osé, en matière de foi, penser ce jouHà autrement que lui '• Us trouvèrent Constance de retour h Sirmium d'une expédition heureuse qu'il avait faite au delà du Danube. Il avait déjoué les ruses des Sarmates,en avait taillé.en pièces un grand nombre, puis s'était décidé à conclure avec eux un traité qui leur était avantageux, en vertu duquel il les avait remis en possession lui-même d'un territoire usurpé par leurs sujets révoltés. Ses soldats lui avaient décerné, pour ce haut fait, le surnom de Sarmalique. Il leur avait fait un beau discours et rentrait en triomphe1. Tout allait donc

i. Soz., iv, 13.

î. Amm. Marc., xvn, lî, 13. — Cod. Theod., CAro»., p. 58. — Les détails donnés par Atnmien Marceilinsurles Négociations entre Constance et les Liniigantes, sujets révoltés des Sarmaties, et sur son entrevue avec eux» où il faillit être tué, ne présentent pas tous les caractères de la vérité. Ammien n'est tout a fait croyable que quand il raconte ce qu'il a vu lui-même. Ailleurs, son goût de faire l'histoire à l'antique l'emporte souvent.

bien pour le maitre du monde, et cette prospérité croissante le maintenait en humeur bienveillante.

D'ailleurs Constance, comme son père, se croyait chrétien accompli, et à beaucoup de prétentions théologiques il joignait beaucoup de méfiance contre les philosophes. Les semi-Ariens se firent donc aisément écouter, quand ils représentèrent la formule de Sirmium comme entachée d'un esprit philosophique dangereux. Puis ils surent insinuer, non sans adresse, qu'Aétius et ses amis avaient été bien avant dans la confiance du césar Gallus, si justement puni pour ses conspirations, et qu'on ne savait pas jusqu'où l'amitié avait pu pousser la confidence. Tout cela fut représenté en langage fort décent , avec cette attitude soumise de plaideurs devant un juge, qui était, suivant Constance, la tenue convenable pour des évèques devant rempereur,et à laquelle il n'avait jamais pu plier ni les Athanase, ni les Lucifer, ni les Hilaire La supplique fut donc bien venue, et mandant auprès de lui ses conseillers Ursace et Valens, aussi bien que les autres évêques de sa cour, l'empereur leur demanda avec quelque aigreur pourquoi ils l'avaient laissé s'écarter de la vraie doctrine au sujet de la substance divine. Trop bons courtisans pour ne pas sentir dans quel sens soufflait le vent de la faveur, Ursace et Yalens jouèrent la surprise et l'innocence, s'excusèrent de n'avoir pas inséré dans leur symbole le mot de semblable en stjbstance,

l. Soz., it, 15. - Philost., iv, 8. — S. Hil., de Syn., p. 11»*.

sur ce que, décidés à faire disparaître le terme de consubstantiel, cause de tant d'orages, ils n'avaient pas bien saisi la différence de deux expressions si voisines : une fois instruits de la valeur de cette correction , ils promirent qu'ils ne feraient nulle difficulté de s'y ranger'. On modifia donc, ou plutôt on relira la dernière formule deSirmium. Pour plus de solennité, on fit venir de Bérée le pape Libère, qui attendait toujours dans l'angoisse le prix de sa faiblesse, etquidut s'estimer heureux qu'on ne lui demandât pas d aller plus loin dans la voie de la faiblesse. De concert avec cette haute autorité, le Homoioustos fut inironisé dans le symbole à la place de YUomoousios, omis sinon condamné2. Enfin, pour achever Je triomphe du semi-Arianisme, Constance prit la plume lui-même, révoqua la nomination d'Eudoxe au siège d'Ànliochc, le traitant officiellement de sophisle et de coureur, et le bannit en compagnie d'Aétius et de ses principaux disciples. Puis, après avoir joint ces nouvelles victimes à tant d'autres, et frappé des mêmes peines ce qu'il regardait comme des excès contraires, il crut sincère* ment avoir sauvé la foi et placé l'Église dans un juste

t. S. Hil., loc. cit.

2. Il est difficile de savoir si ce fut une formule nouveUe qu'on rédi* gea à cette occasion, ou simplement les anathèmes d'Ancyre qu'on renouvela. Voir, à ce sujet, note de Valois sur Soi., iv, 15. Il ne parait pas certain que Tanathème contre le mot Consubstantiel fut compris dans la rédaction ; mais la phrase de S. Hilaire sur le renvoi de Libère, citée plus haut, ne permet pas de douter que la formule signée par lui contint un point que ce docteur lui-même, malgré son esprit de conciliation, ne pouvait admettre. Conf. Hefele, Concilwngeschichte, t. i, p. 671.

équilibre, à égale dislance entre Àétias et Athanase1 .

Mais sa satisfaction n'était au fond nullement partagée par ses conseillers habituels, les prélats politiques et courtisans, les eunuques, les chambellans, tout ce monde actif et remuant qui ne considérait la religion que comme un instrument d'intrigue. Pour tous ceux-là, le pas rétrograde que venait de faire l'empereur était un légitime sujet d'inquiétude. La perspective d'un accommodement possible entre les orthodoxes d'Occident et les Orientaux modérés, cet objet des vœux de tous les dissidents honnêtes, ne leur souriait nullement : ils n'y voyaient que le retour en grâce d'adversaires jurés, et, par suite, l'ébranlement de leur propre crédit. Leur crainte fut redoublée lorsqu'ils apprirent que l'empereur, de plus en plus séduit par ses succès théologiques, rêvait la convocation d'un grand concile universel , où il se proposait probablement de faire réformer le symbole de Nicée dans le sens du scmi-Arianisme, et de l'imposer ensuite, sous celte forme mitigée, au monde chrétien tout entier. Pour mieux égaler la gloire de son père, en même temps qu'il croyait corriger ses fautes, c'était à Nicée même que Constance se proposait de provoquer une nouvelle réunion de l'Église. Avec la perspicacité de l'intérêt personnel , les prélats politiques devinèrent à l'instant que , dans une telle assemblée, la majorité serait nécessairement formée par les plus mo-

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