Amm. Marc, xx
de l'administration de Constance, furent reçues avec transport; et, pour ne pas laisser refroidir les bonnes dispositions de l'auguste, des intendants militaires 1 de la Pétulante et de la Celtique firent demander sur-lechamp , par leurs soldats , à être élevés , en raison de leurs mérites longtemps méconnus , au grade de gouverneurs de province. Mais Julien tint sa parole encore plus fidèlement qu'on n'avait cru ; il n'accueillit pas ces recommandations faites à main armée , et , dans la joie commune de la journée, on ne songea pas à lui en vouloir 2.
Le défi une fois jeté , il se prépara à le soutenir avec sa prudence et son courage accoutumés. Il ne se porta à aucune violence contre ses ennemis secrets ou publics. Il se borna h s'assurer de la personne du maître de la cavalerie, Lupicinus. Décentius était en fuite. Florentius aussi avait quitté la Gaule précipitamment, à la nouvelle de l'élévation de son ennemi. Julien envoya un brevet de voitures publiques à sa femme et à ses enfants, et leur permit d'emporter toutes leurs richesses. Il ne mit aucun empressement à entrer en correspondance avec Constance, qu'il connaissait trop bien pour espérer le fléchir après l'avoir offensé ; mais, quand il crut toutes ses mesures de défense bien prises, il mit les bons pro-
1. Actuariù — C'étaient ceux qui recevaient les vivres» pour les troupes, de la main des percepteurs. — Gonf. Note de Valois sur ce passage, et Cod. Theod., vu, t. 4, 1. 1.