Amm. Marc., xxi, 5. — Liban., /oc. cit
ces riches plaines d'Italie qui lui étaient ainsi livrées sans combat. C'était par les âpres contrées qui bordent le Danube qu'il s'avançait à marches forcées, tantôt longeant le fleuve, tantôt même s'embarquant sur ses ondes, quand il trouvait des moyens de transport. Sur les deux rives du fleuve, Barbares et Romains accouraient pour voir le héros et son cortège. « 0 sainte divinité, s'écriait, dans le langage déjà équivoque des courtisans, son panégyriste Mamertin, qui occupait auprès de lui la place de comte des largesses sacrées , qtelle ne fat pas la pompe de oette navigation, où l'on voyait sur la rive droite de oe fleuve illustre une foule non interrompue de gens de tout sexe, de tout rang, armés ou désarmés, et sur le rivage de gauche tous les Barbares à genoux , faisant entendre des prières et des gémissements lamentables ! Tant de villes parcourues ! tant de décrets rendus! tant d'injustices réparées ! tant d'inquiétudes calmées! tant de pardons accordés aux Barbares : partout les bienfaits de la paix répandus. Si l'on ne regarde qu'au temps employé, on dirait que l'empereur n'a fait qu'une course; si Ton considère la quantité des choses accomplies, on dirait qu'il s'est attardé partout ». » Julien , en effet, ne perdait pas un jour : il ne s'arrêtait de loin en loin que pour faire lire à haute voix au peuple assemblé les correspondances, vraies ou fausses, qu'il disait avoir surprises entre Constance et les Barbares , et pour justifier ainsi son agression.