Amm. Marc., xxi, 10, J
JULIEN EN GAULE. i05
épUre la plus parfaite, la plus étudiée, la seule qui, jugée digne d'être conservée, reste encore entre nos mains. Sa lettre au sénat et au peupte d'Athènes, exact et touchant récit des malheurs de sa jeunesse, est une oeuvre d'art achevée. On sent que l'auteur parlait là à son public de prédilection. « Il savait, ditLibanius, que les dieux mêmes ont voulu être jugés par les Athéniens» et c'est pourquoi il prit les fils d'Érechthée pour ses juges.» — « C'est à vous, leur disait-il, à vous qui avez conservé jusqu'à nos jours les restes et comme l'étincelle des vertus de vos aïeux , c'est à vous à considérer, non lagrandeurdes choses, mais leur justice. Et quand même quelqu'un traverserait le monde avec une incroyable rapidité et une force infatigable, comme s'il volait à Iravers les airs, vous devriez encore vous demander s'il fait tout cela avec le droit de son côté. Et si vous trouviez qu'un tel homme est juste , alors seulement vous auriez le droit de le louer en public et en particulier. Mais s'il avait manqué à la justice, vous le priveriez, avec raison, de tout honneur; car la justice est la sœur de la prudence. Ceux qui la méprisent, chassez-les justement comme des impies qui outragent votre déesse. Et voilà pourquoi je veux vous raconter tout ce qui me touche \» Le messager qui porta cette lettre était sans doute cet hiérophante d'Éleusis, appelé, suivant Eunape, à la cour de Julien, et qu'il renvoya à Athènes avec ordre de présider à la reconstruction des temples.