‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 3)Chapitre 19 sur 297 · Soc. ii, 15 et 16. — Soi., loc. cit · texte numérisé non relu

Soc. ii, 15 et 16. — Soi., loc. cit

î. Athanase rapporte de graves désordres survenus pour des causes analogues dans plusieurs villes de Turace et à Andxinople (ad Sol., p. «0 et 821).

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nion , la ville de Sardique placée sur l'extrême limite des deux empires, à égale dislance, par conséquent, des deux Églises1.

. d. Les évêques, principalement ceux qui étaient attachés à la foi orthodoxe , se rendirent à l'appel avec empressement. On crut un instant qu'on allait voir le retour des scènes imposantes de Nicée. Plus de deux cents évêques, appartenant à trente-cinq provinces différentes, arrivèrent en peu de temps de divers côtés. Il y en avait de tous les pays, depuis les provinces reculées d'Espagne jusqu'aux extrêmes limites de l'Asie2. On retrouvait, à la tête de cette nouvelle phalange, le même Osius de

1. A. D. 843. — Indictio. i. — U. C. 1096. — Placidus et Romulus. Coss. — Nous \ laçms à cette date le concile de Sardique, de concert avec le nouvel historien de» conciles, Hcfele (vol. i, p. 514 ), et contrairement aux indications de Socrate (u, 20) et de Sozomène (m, iî), qui rapportent le môme fait au consulat de Rufin et d'Eusèbe et à la onzième année après la mort de Constantin, c'est-à-dire à l'année 347. Les raisons qui ont déterminé Hcfele et qui me décident à le suivit» sont concluantes. Il résulte en effet du récit d'Athanase que son retour à Alexandrie eut lieu deux ans environ après le concile de Sardique : or, ce retour est fixé, par les lettres paschales nouvellement découvertes, à la fin de Tannée 345 au plus tard, puisque l'on y voit déjà saint Athanase présidant au carême de 346. On est donc reporté forcément en arrière jusqu'à l'année 343. Ce résultat avait déjà été pressenti par le cnronologiste Mansi, d'après un fragment d'une vieille chronique découvert à Vérone par le savant Maffei. Les lettres paschales ne laissent plus d'incertitude sur l'erreur de Socrate et de Sozomène. La chronologie nouvelle se trouve d'ailleurs d'accord avec une indication de la chronique de saint Jérôme qu'on n'avait pas pu expliquer jusqu'ici, et qui rapporte le retour d'Athanase à la dixième année de l'empereur Constance, c'est-à-dire 346 (Conf. Wetzer, Restit. chronol., p. 17 et suiv.).

2. Soc, il, 20. — Soz., in, 12. — S. Athan., Apol., p. 720, 767, 768; ad Soi., p. 818. — S. Hil., Fragm., p. 1290.

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Corâoue qui avait présidé à Nicée et qui allait, cette fois encore , avec les prêtres Archidame et Philoxène, représenter le siège de Rome h la tête de l'Église universelle. Jules s'était excusé de paraître, retenu par les besoins de son église*. L'évêque de Sardique lui-même, Protogène, ne marchait qu'après celte députalion du premier siège du monde. Comme à Nicée aussi , on voyait des martyrs; mais ce n'étaient plus les héros de la persécution païenne : c'étaient les victimes des luttes intestines de l'Église. Les troupeaux, privés de leurs pasteurs et dépouillés de leurs sanctuaires par la violence des Eusébiens, avaient envoyé leurs députés chargés de lettres racontant leur oppression et leurs misères avec des détails qui faisaient circuler dans tous les rangs de l'assemblée un frémissement d'indignation douloureuse. On se passait de main en main des chaînes de fer et des instruments de torture, apportés comme de saisissants témoignages de l'oppression que des chrétiens faisaient subir à des chrétiens pour la cause de la vé-

ï. S. Àthan., Apol.% p. 767. — S. Hil., Fragm., loc. cit. — La présidence du concile parait avoir encore été ici réservée à Osius de Gordoue, puisqu'il signe avec les légats du pape dans la lettre synodale du concile, etc. Sozomène (m, 12) donne aux évéques orthodoxes ce nom : (;î i;j.çî tcv ôouv), ceux qui étaient avec Osius. Le concile s'étant d'ailleurs si fortement prononcé, comme on va le voir, dans le sens de la primauté de Rome, il est évident qu'Osius ne pouvait prendre le pis sur tous les évôques qu'en raison de cette primauté.

Ou voit par un mot de saint Atbanase (4j)oJ.,p. 670) qu'Osius, avant le concUe, avait eu une entrevue avec Àthanase, en Gaule, où prokiMemcni ce prélat fit un voyage entre son entrevue à. Milan avec G)ustance et sa venue à Sardique.

rilé 1 . Un mouvement très-prononcé d'opinion se déclara donc aussitôt dans la réunion, avant même qu'elle fût constituée, en faveur d'Athanase et de ses amis.

Le groupe des prélats eusébiens (auxquels on continuait à donner ce nom malgré la disparition du chef qui les avait conduits si longtemps) fut plus lent à se mouvoir. Ils témoignèrent même au premier moment une grande répugnance a partir. A quoi bon, disaientils, un tel déplacement? Pourquoi leur faire quitter le soin de leurs ouailles et la prédication de la doctrine évangélique? Pourquoi imposer à des vieillards chargés d'années les fatigues d'un si long voyage2? Jl fallut pourtant se décider à partir, car on ne pouvait mécontenter à la fois les deux empereurs. Ils firent roule ensemble, au nombre de soixante-seize ou quatre-vingts, s'avançantà très-petites journées, se concertant dans chaque ville sur toutes les nouvelles qu'ils recevaient et dont l'apparence ne leur était guère favorable. Ils avaient grand soin, surtout, de ne point se séparer les uns des autres, et exerçaient môme une intimidation assez violente sur ceux qui paraissaienl trouver leur société compromettante et auraient désiré 1 s'en écarter3. Ils avaient d'ailleurs emmené, comme compagnons de roule, le comte Musonien et un général du nom d'IIésyque; car ils ne se sentaient jamais tout à

1. S. Athan , Apol., p. 7C2. — S. Hi). Fivgm., p. 1*85, 1291. t. S. Hi'. Fragm , p. 1315.

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