‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 3)Chapitre 18 sur 297 · Soc, u, 12. — SozM m, 7. — S. Athan., Apol., p · texte numérisé non relu

Soc, u, 12. — SozM m, 7. — S. Athan., Apol., p

Kicée, Maris de Chalcédoine, Théodore d'Héraclée, qui ne se souciaient nullement de garder à leur tête un amid'Àlhanase. Us flrent donc choix d'un diacre nommé Macédonius, dont les mœurs étaient bonnes, mais dont l'esprit d'intrigue était connu, et le consacrèrent à la hâte dans une église nouvelle dont la construction était à peine achevée. Deux évoques se trouvant ainsi en conflit d'attributions dans l'enceinte de la même ville, leur rivalité fut le signal d'un très-violent désordre. Le maître de la cavalerie, Hermogène, devançant l'assentiment de Constance, se hâta de prêter main-forte à Macédonius. La population entière, indignée de celte préférence , entra en révolte. On mil le feu au palais d Hermogène, on s'empara de sa personne et on le traina tout meurtri par les rues de Conslantinople, jusqu'à ce qu'il eût rendu le dernier soupir1.

Constance reçut à Antioche cette effroyable nouvelle. Quoiqu'il n'aimât guère à commettre sa personne en aucun genre de péril, il ne pouvait se dispenser de venir rétablir l'ordre dans sa capitale en feu. Il monta à cheval en toute hâte et se rendit à grandes journées à Conslantinople. À la nouvelle de l'arrivée du souverain, la population chrétienne, qui avait pu céder à un mouvement d'emportement, mais à qui tout esprit de rébellion durable était étranger, fut saisie de terreur et de contrition. Elle sortit en foule de la ville pour venir en pleu-

1. Soc h, lit 15 et 1C. — SozM in, B, 7. — S. Jér., Chrome, an 141. — Amm. Marc., xiv, 10»

ATHANASE A ROMR.

rant implorer le pardon de l'empereur. Heureux d'être si aisément délivré du péril, l'empereur ne se montra pas sévère. Il infligea pour châtiment à la ville la suppression de la moitié des distributions de blé ordinaires. Du reste, il ne fit perdre la vie à personne; il écouta de bonne grâce la harangue justificative qui lui fut adressée par le président du sénat, et daigna même y répondre. Craignant de se compromettre personnellement avec les passions populaires, il reçut assez froidement les amis de Macédonius, se plaignit qu'on ne l'eût pas consulté sur ce choix ; et, pendant le très-court séjour qu'il fit à Conslantinople, ne voulut point se prononcer explicitement en sa faveur. 11 quitta la ville , la laissant dans celte incertitude, mais donnant tout bas pour instructions au préfet du prétoire, Philippe, de le délivrer sans bruit de la présence de Paul.

Philippe exécuta ces commandements avec intelligence et résolution. Il manda Paul auprès de lui, dans un lieu public, le bain de Zeuxippe, où ses fonctions l'appelaient pour traiter quelques affaires. Il lui fit voir secrètement l'ordre de l'empereur et le somma d'y obéir. Paul reçut cette intimation avec respect, protesta qu'il était condamné sans justice, mais ne voulut pas faire de résistance. De crainte que le bruit de son départ ne se répandît, on ne le laissa pas même rentrer chez lui. On perça la muraille du bain pour ouvrir une communication avec . le palais qui élait conti^? et par une fenêtre du palais on fit monter Paul dans un vaisseau tout préparé qui

mil à la voile sur-le-champ Tranquille de ce côté, Philippe, sans perdre de temps, alla chercher Macédonius, /e fil monler sur son char et se présenta avec lui, escorté par un gros bataillon de soldats, sur la place publique. Les passants ouvraient les yeux de surprise, croyant voir apparaître, dit l'historien Socrate, une machine de tiiéàtre. Avant qu'on eût eu le temps de se reconnaître, Philippe entra dans l'église, suivi d'un attroupement confus au travers duquel les soldats se faisaient faire place à coups d'épée. En un instant l'église fui pleine de gens qui se ruaient, qui se pressaient les uns sur les autres, et l'air fut rempli des effroyables cris des victimes étouffées par la foule ou frappées par les soldats. C'est dans ce cortège que Macédonius prit possession de son trône épiscopal.

De pareilles scènes, renouvelées sur divers points de l'empire et mettant tous les jours aux prises l'autorité impériale avec les populations tumultueuses des grandes villes, fdtiguaient et effrayaient Constance2. Ce fut donc sans trop de répugnance qu'il entra , pour un iustant, dans les vues pacificatrices de son frère, et la réunion d'un concile œcuménique fut résolue d'un commun , accord entre les deux souverains. De concert avec le pape Jules, on convint de choisir, pour lieu de réu-

Page 1