Jul., Or. 7, In Heraclium, p
Mais au moins on peut répondre et rétablir le vrai sens et le vrai rôle des fables. Aussi Julien se met-il en devoir de montrer à l'impertinent fabuliste comment il aurait dû s'y prendre. Les fables, suivant lui, n'ont qu!un but, c'est de nous mener, avec l'aide des Dieux, par une route agréable et facile, jusqu'aux retraites cachées où réside le Dieu suprême, l'Un, le Bien absolu, et de préparer ainsi l'union de notre âme avec lui. Voilà pourquoi les poètes primitifs les ont inventées , et les divins Platon et Jamblique les ont ou répétées ou amplifiées !. Hors de là les fables ne sont bonnes que pour les enfants. « D'où te vient donc l'audace, reprend-il en interpellant de nouveau Héraclius, de me traiter comme un enfant? Qui es-tu pour corriger quelqu'un?... Croistu avoir fait quelque chose de grand pour aveir pris le bâton , laissé pousser tes cheveux, pour courir les villes et les camps, insulter les bons, flatter les méchants?... Que sert de courir ainsi partout et de fatiguer les mules à vous porter?... Je vous connais : je vous ai donné à tous un nom , et je vais l'écrire. Les malheureux Galiléens (les disciples du Christ) ont dans leurs rangs un certain nombre de gens , qu'ils appellent les renonçants. Ce sont des hommes qui renoncent à un peu de bien qu'ils possèdent, mais qui , en revanche , en acquièrent beaucoup d'autres , mettent la main , en quelque sorte , sur tout ce qu'ils rencontrent, et qui se Voient entourés