S. Grég. Naz., Ep. exiv
derniers jours de sa vie , qu'il put s'écrier dans un langage empreint encore d'un reflet admirable de poésie : « Un seul objet au monde a possédé mon cœur, la gloire de l'éloquence : je l'ai demandée à toute la terre, à l'Occident, à l'Orient, et surtout à Athènes, celle parure de la Grèce. J'ai travaillé pour elle de longues années : mais cette gloire aussi , je suis venu l'abaisser aux pieds du Christ , sous l'empire de celle parole divine qui efface et jette dans l'ombre la forme périssable et mobile de toute humaine pensée1. »
Retenu par ces goûls et ces devoirs divers, appelé pourtant par une voix intérieure, Grégoire balança longtemps. EnDn il tranquillisa sa conscience en adoptant une ligne intermédiaire qui lui permettait de remplir toutes les obligations de la vie civile et de la famille, tout en lui imposant toutes les austérités du cloître. « Je réfléchis, dit-il, qu'on pouvait être moine par le cœur, autant que par le corps... Je vis que ceux que réjouit la vie active rendent service aux hommes du monde, mais avancent peu leur salut, et se condamnent à de grands maux ; tandis que ceux qui se retirent du siècle, Rétablissant sur un terrain plus solide, peuvent contempler Dieu d'un esprit plus tranquille, mais semblent avoir une charité plus étroite qui n'est utile qu'à eux-mêmes. Et je résolus de marcher entre les deux voies, entre ceux qui sont détachés de tout et ceux qui