‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 3)Chapitre 22 sur 297 · S. Aiban., ad Sol., p. 819 et 839. — Soz., m, il · texte numérisé non relu

S. Aiban., ad Sol., p. 819 et 839. — Soz., m, il

après, qu'ils se disposaient à retourner en Orient, sous prétexte qu'on ne voulait point leur accorder leurs légitimes demandes, que leur vie était en danger dans une ville remplie de leurs ennemis, et que les incidenls de la guerre de Perse les rappelaient dans leurs diocèses. Constance, disaient-ils, les réclamait avec instances pour célébrer son triomphe. Puis, un matin, on trouva le palais vide; les Orientaux l'avaient quitté pendant la nuit'.

Dieu permit que l'Église donnât alors un douloureux spectacle, bien propre à troubler l'esprit encore incertain des peuples, à contrister ses enfants et à réjouir ses ennemis. Les Pères assemblés à Sardique ne crurent point, et avec raison, que la désertion de leurs collègues dut suspendre le cours de la justice que tant d'innocents et d'opprimés réclamaient. Le concile passa donc oulre à ses séances. Mais les Orientaux, de leur colé, ne firent pas beaucoup de chemin sans réfléchir que leur fuite leur donnait l'apparence de coupables contumaces qui craignaient leurs juges. Ils prirent donc le parti de s'arrêter résolùment à vingt lieues environ de Sardique, dans la ville de Philippopolis en Thrace, de s'y constituer eux-mêmes en concile, et de prendre les devants en fait d'excommunication et d'anathème. Il y eut ainsi, dans les limites d'une même province, deux réunions d'évèques chrétiens , employant les mêmes formes ,

1. S. Àthan., loc. cit. — S. Hil. Frogm., p. 1294. Nocturna et lurpi3 per conscientiam fuga.

AT Fi A X AS E A ROME.

parlant le même langage, invoquant le même Dieu, et occupés à s'excommunier mutuellement. Par une circonstance qui ne se présente que rarement dans tout ce récit, nous avons sous les yeux, en partie du moins, les documents émanés des deux partis ; nous pouvons donc les contrôler les uns par les autres, et en faire la comparaison.

Le concile de Sardique, rendant pleine justiceà Athanase el aux deux autres prélats accusés, ne pensa pas faire assez en les délivrant tous les trois de toute inculpation. De justes châtiments étaient nécessaires contre les perturbateurs de l'Église. Tous les évêques intrus, Grégoire d'Alexandrie en tête, furent dépouillés de la dignité qu'ils avaient usurpée et frappés d anathème. La même sentence fut étendue à tous les prélats qui avaient admis, de leur propre mouvement, dans leur communion, ou Arius lui-même, ou ses disciples. A ce titre, Théodore d'Héraclée, Narcisse de Néroniade, Acace de Césarée, Étienne d'Antioche, Ursace de Singidon et Valens de Murse, etc., furent déposés de Tépiscopat1. Ces résolutions énergiques furent communiquées, par des lettres différentes, aux empereurs d'abord, puis au pape et aux évêques absents, enfin aux fidèles des villes opprimées. Aux empereurs, on ne demanda que la liberté; point de chaînes, point de procès, point de bourreaux; interdiction aux magistrats de se mêler d'affaires ecclé-

i. S. Atbao., ApoL, p. 766; ad Soi., p. 820. - Théod., u, 8. — S. Hil., Fragm., p. 1283 et suiv.

sias/igues el de persécuter les catholiques, sous préfeile de servir l'Église1. Au pape, le concile offrit l'hommage de ses décisions, comme il convient aux prêtres par rapport au siège de V apôtre Pierre*. Aux évèques, il adressa un récit très -simple, et exempt de toule déclamation, de la conduite des Euséb/ens au concile3 : aux fidèles enfin, une exhortation à se maintenir dans la pureté de la foi et la fermeté au milieu des épreuves. « Très-chers frères, leur dit le concile, nous vous exhortons et nous vous avertirons de garder, avant toutes choses, la foi de l'Église catholique. Vous avez certainement souffert des maux extrêmes et des injures atroces, L'Église aussi a souffert de grandes injustices; mais celui qui persévère jusqu'à la fin sera sauvé. Si les méchants poussent donc encore plus loin leur audace, que cette affliction vous soit une joie; car ce que vous souffrez est une sorte de martyre, et vos maux ne seront pas sans récompense... Combattez donc pour la vraie foi et pour l'innocence de votre évèque, notre frère Athanase*. »

La pièce émanée des fugitifs rassemblés à Philippopolis porte un tout autre caractère. Sur les incidents mûmes qui s'étaient passés dans la ville de Sardique, les deux récits sont uniformes : et c'est une preuve pré-

\. S. Athan., ApoL, p. 759.

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