CwL Ttmd., xi, t. 12, 1. 3; U 18, 1. 2, v
d'une vaste bibliothèque à laquelle il fil don de ses meilleurs livres1 : tels sont à peu près les seul% actes pour lesquels Julien eût consenti à faire trêve à ses préoccupations favorites.
Mais si la politique enlevait peu d'instants à l'ardeur du néophyte, ia guerre pouvait conserver encore des attraits pour le cœur du jeune conquérant. Constance, interrompu par la sédition, puis par la mort, n'avait pu achever cette inlerminable guerre de Perse qui avait été le fléau de tout son règne. Julien, un peu responsable des derniers échecs des armes romaines, se sentait obligé de les réparer. Il n'osa pas courir tout de suite sur le champ de bataille, tant à cause de la mauvaise saison, que parce qu'il lui fallait le temp> de s'assurer que toutes les troupes de l'empire avaient accepté le nouveau règne. Une résistance prolongée de quelques légions, derrière les murailles d'Aquilée, lui donna tout l'hiver un grand souci et le condamna 'longtemps ù la prudence. Dès que la soumission des rebelles fut obtenue, et que le printemps ramena te beaux jours, il songea à se mettre en campagne. Quelques courtisans lui conseillaient de commencer par une expédition contre les Goths, qui avaient manqué aux conditions de leurs traités : mais il répondit, avec mépris, que de tels adversaires n'étaient pas dignes de lui. et, se bornant à fortifier les bords du Danube , il dirigea ses meilleures troupes du côté de la Mésopotamie.
i. Zos., m, II.
Ses préparatifs furent faits avec le plus grand soin. La licence des armées de Constance, leurs exactions exercées indistinclement sur les bourgeois des villes et les cultivateurs, n'avaient pas peu contribué à l'impopularité de son gouvernement. Julien régla lui-même, par de sages dispositions, le rayon dans lequel les armées en campagne auraient le droit d'exiger des prestations pour leur entrelien, et le temps de l'année où de telles exigences pourraient être produites'. Il réduisit au plus strict nécessaire les impôts extraordinaires destines à faire face aux dépenses de la guerre , et le fardeau, ce semble, n'en tomba que sur une partie de ses sujets. On dit qu'en plus d'un endroit les sommes furent perçues par le moyen d'une amende imposée à ceux qui ne voulaient pas sacrifier aux Dieux. Les historiens chrétiens, en rappelant cetle vexation, l'attribuent, sans hésiter, à une loi de l'empereur dont on ne trouve aucune trace, et dont le sincère Ammien ne donne pas le plus léger indice8. Mais les gouverneurs1 des provinces étaient à la fois très-flalteurs et très-puis-