Cod. Theod., vu, t. 4, 1. 7, 8. — Zos., loe. cit
2. Zos., m, 13. — En générait les historiens chrétiens, en rendant compte des persécutions de Julien, n'ont point fait assez la différence de ce qu'il ordonna lui-même ou de ce qui se fit en son nom , sans instructions positives, par des fonctionnaires sûrs de plaire et de n'être ni punis, ni même désavoués. Après les garanties d'impartialité données par Ammien Marcellin, et la franchise qu'il met à convenir des fautes de son héros, il est juste ne pas prêter à Julien des actes considérables dont cet excellent témoin ne parle pas. Ammien voyait les choses du cabinet de l'empereur; les chrétiens subissaient à distance le contrecoup de ses passions et de ses volontés. De là la différence des récits.
iv. 15
sants. Les curies des villes étaient chargées de la perception des impôts sous leur responsabilité personnelle : dans chaque municipalité , une lutte s'engageait entre les fonctionnaires municipaux et les administrés, pour rejeter des uns sur les autres le poids des exigences du fisc. Il n'y a point à s'étonner que, dans cette occasion, toute la charge ait porté sur ceux dont les réclamations avaient le moins de chance d'être écoutées à la cour.
Julien quitta Constantinople dans les premiers jours de juin 362 «, pour se rendre à Antioche. Sa marche fut lente. Dans toutes les petites villes où il y avait un temple de quelque importance, échappé à la destruction sous Constance, ou récemment rouvert, on l'arrêtait pour lui demander de sacrifier. Puis chaque cité, pour lui complaire, avait mis à sa tête, comme chef de la curie, un sophiste , un lettré , un ami du beau langage. Lui-même avait élevé au rang de gouverneur plus d'un de ses confrères en éloquence. Tous ces disciples voulaient se faire entendre et admirer du grand maître. Celui-ci n'était pas fâché de leur répondre. C'étaient donc d'étape en étape autant de scènes étudiées, autant de harangues académiques, qui faisaient encore, même en souvenir, plusieurs années après, battre d'émotion le cœur de Libanius*. Les séances, pourtant, étaient un
1. Zosime dit que Julien resta dix mois à Constantinople» ce qui placerait son départ eu octobre. Mais Ammien, témoin bien mieux informé, raconte (xxu, 9) qu'il arriva à Antioche au moment des fêles d'Adonis, c'est-à-dire à la fin de juin. Ce n'est pas trop de mettre un mois pour le voyage.
*. Liban., Or. 10, p. aoo.
peu longues, et les courtisans qui y assistaient, debout, par un soleil brûlant, maudissaient volontiers ces effusions d'éloquence. De Chalcédoine, laissant de côté Libyssa , où se trouvait le tombeau d'Annibal, non sans . doute sans en avoir fait l'objet de quelque réflexion à la fois patriotique et déclamatoire, et Nicée, où les souvenirs du concile durent prêter à plus d'une plaisanterie , l'empereur arriva à Nicomédie. La ville , détruite deux ans auparavant par un tremblement de terre , sortait à peine de ses ruines. Julien l'avait habitée dans son. enfance, du temps où il était confié aux soins du fameux Eusèbe. Parmi les malheureux habitants qui traînaient leur misère dans les rues dévastées, il reconnut plus d'un de ses anciens camarades. Ce spectacle lui causa beaucoup d'émotion, et on vit môme des larmes couler de ses yeux , quand il passa le seuil du palais en débris. D'abondantes aumônes et des fonds libéralement donnés pour la reconstruction de la ville, firent bénir son passage *.
De Nicomédie, pour tendre vers Àntioche, le chemin direct traversait la Galatie, la Cappadoce, et venait rejoindre le bord de la mer, à l'extrémité de la Cilicie. Mais Julien fit plus d'un détour sur la route. D'abord il inclina à droite, vers la Phrygie,pour aller rendre ses hommages au sanctuaire illustre de Cybèle, mère des Dieux , à Pessinonte. Cybèle , autrement Ops, autrement encore Yesta, et la Bonne Déesse, avec ses tra-