‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 3)Chapitre 230 sur 297 · Id.y Ep. vin · texte numérisé non relu

Id.y Ep. vin

Id., Or. xviii, 33, 34.

rapprochement des dates, pendant le temps qu'il séjournait en Galatie1. Il connaissait Eusèbe de réputation, comme un des plus grands ennemis de sa religion, et ne put voir dans rémeute qui le portait au trône épiscopal autre chose que l'explosion du sentiment chrétien irrité qui se mettait hardiment sur la défensive. Il était d'ailleurs, en toutes choses, fort mécontent de la Cappadoce, comme on le voit par une lettre de cette époque, adressée à un philosophe de ses amis*. Il se borna pourtant à charger le gouverneur de faire de très-vives remontrances sur le procédé, effectivement irrégulier, qui avait été suivi : «C'est la fin de tout bon ordre, fit-il dire, et un vrai pillage des choses publiques. » Le gouverneur transmit ces représentations aux évêques, accompagnées de fortes menaces ; et comme il savait que ces prélats eux-mêmes n'avaient pas goùlé la pression populaire à laquelle ils avaient obéi, il ne désespérait pas de les amener à casser l'élection . Mais le vieux Grégoire, l'un des prélats électeurs, inspiré par son fils, lui ôta promptement cette illusion : « Illustre gouverneur, lui répondit-il, dans tout ce que nous faisons, nous reconnaissons un juge et un maître : c'est celui-là même qu'on attaque aujourd'hui. C'est lui qui contrôlera l'élection présente, que nous avons faite d'après ses lois et pour lui plaire. En toute autre chose, si vous voulez nous contraindre

i. S. Grég. Naz., Or. xvni, 33,34.. — S. Grégoire fait nne allusion très-évidente au voisinage de l'empereur, quand U dit : «aff.v 6

î. JuL, Ep. IV, p. 375.

par la violence, cela vous sera aisé : mais nul ne nous empêchera de défendre ce qui a été fail comme jusle cl légitime. Avez-vous la prétention de faire la loi, là où il ne vous est même pas permis de regarder? » Le gouverneur reçut ce fler défi avec beaucoup d'humeur, menaça d'en tirer vengeance, fit mine même de faire avancer une compagnie d'archers contre l'église de Xazianze. En définitive, rien ne bougea, et on sut bientôt que Julien ne passerait pas par Césarée 1 . « Tu nous connaissais, Basile et moi, s'écrie Grégoire, et nous faisais honneur, comme le Cyclope honora Ulysse, en nous réservant pour être engloutis les derniers5. »

Julien reprenait en effet sa route, plus affligé encore qu'irrité, moins sensible aux offenses qu'il recevait des chrétiens qu'humilié de trouver tant de contraste entre leur ardeur et la complaisance, froide et contrainte, de ses amis. Le zèle qui bravait son pouvoir lui inspirait plus de jalousie que de colère : il enviait amèrement à Jésus-Christ ses (disciples. Le voyage d'ailleurs s'attristait en avançant, par le mauvais état des campagnes qu'on traversait. La sécheresse avait été fort grande tout l'hiver, et les récoltes manquaient. Il semblait que le cortège impérial fût partout précédé ou suivi par la famine. Ce fut sous cette impression de découragement maussade, prélude d'une irritation plus vive, que Julien fit son entrée à Antioche, dans les premiers jours de

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