Actes de S. Theodoret
féré tant de blasphèmes, ses mains qui avaient enlevé les objets sacrés, d'autres parties enfin de son corps dont il les avait approchés par dérision, tombaient Tune après l'autre en pourriture. Lui-même éprouvait, au milieu de ses douleurs, les plus épouvantables angoisses1. Les menaces du martyr lui revenaient incessamment en mémoire. Pour détourner ce funeste augure, il envoyait consulter tous les oracles qui, à l'unanimité, lui faisaient dire d'avoir bon courage, et qu'il ne mourrait point. Sur cette assurance, il se tranquillisait un peu et s'emportait contre les chrétiens, à qui il imputait ses maux ; il usa môme, dit-on, du peu d'autorité qu'il avait encore, pour en faire mourir quelquesuns. A d'autres momenls, au contraire, voyant la vie qui lui échappait, il élait saisi de remords -, sa femme, restée chrétienne, au moins de cœur, s'approchait de son lit et Je conjurait tout bas d'avoir recours à la miséricorde de Jésus-Christ. Il poussait alors de grands cris, implorant le Dieu des chrétiens, le suppliant, par pitié, d'abréger son supplice et de le retirer du monde. Il envoyait prier Julien de rouvrir les églises et de craindre la main de Dieu. Il mourut dans ces incertitudes, n'ayant pas donné un signe de véritable contrition. Quand Julien apprit l'accomplissement de cette première partie d'une prédiction sinistre où il était compris lui-même : « Cet homme avait manqué de confiance envers les Dieux,